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En remontant la rue Vilin

  • Robert Bober
1992
48

Synopsis

Sur le flanc de Ménilmontant à Paris, la rue Vilin partait de la rue des Couronnes et, traçant sur 43 mètres une sorte de S inversé, débouchait sur la rue Piat par un escalier abrupt au sommet duquel on découvrait le plus beau panorama de la ville. C’est l’un des douze lieux parisiens dont Georges Perec avait, en 1969, projeté de décrire, douze ans durant, le devenir. La rue Vilin n’est plus. A son emplacement se trouve désormais un vaste espace vert.

Classée en 1863, elle avait, environ un siècle plus tard, été déclarée îlot insalubre. Et le 4 mars 1982, le lendemain même de la mort de Perec, la pioche des démolisseurs achevait de la rayer de la carte, abattant notamment le n°24 où l’écrivain avait passé les six premières années de sa vie et où sa mère, déportée à Auschwitz en 1942, tenait un salon de coiffure. En remontant la rue Vilin à l’aide de quelques 500 photographies prises sur des décennies, en la reliant à l’oeuvre et à la biographie de Perec, Bober tente mimétiquement de dégager l’un des ressorts de sa démarche littéraire : nommer pour sauver de l’oubli, écrire pour témoigner de ce qui fut, “arracher quelques bribes précieuses au vide qui se creuse”.

(Myriam Bloedé)

Mots clés

Sur le flanc de Ménilmontant à Paris, la rue Vilin partait de la rue des Couronnes et, traçant sur 43 mètres une sorte de S inversé, débouchait sur la rue Piat par un escalier abrupt au sommet duquel on découvrait le plus beau panorama de la ville. C’est l’un des douze lieux parisiens dont Georges Perec avait, en 1969, projeté de décrire, douze ans durant, le devenir. La rue Vilin n’est plus. A son emplacement se trouve désormais un vaste espace vert. Classée en 1863, elle avait, environ un siècle plus tard, été déclarée îlot insalubre. Et le 4 mars 1982, le lendemain même de la mort de Perec, la pioche des démolisseurs achevait de la rayer de la carte, abattant notamment le n°24 où l’écrivain avait passé les six premières années de sa vie et où sa mère, déportée à Auschwitz en 1942, tenait un salon de coiffure. En remontant la rue Vilin à l’aide de quelques 500 photographies prises sur des décennies, en la reliant à l’oeuvre et à la biographie de Perec, Bober tente mimétiquement de dégager l’un des ressorts de sa démarche littéraire : nommer pour sauver de l’oubli, écrire pour témoigner de ce qui fut, “arracher quelques bribes précieuses au vide qui se creuse”. (Myriam Bloedé)

Un homme capable de s’émouvoir sur les vestiges d’une rue rayée de la carte dix ans avant sa naissance est-il bien vivant ? Tentation d’exotisme ou obsession morbide ? C’est tout le mystère de mon rapport à la rue Vilin, petite voie disparue du XXe arrondissement de Paris.

Ouverte en 1863, le rue Vilin reliait la rue des Couronnes aux hauteurs de la rue Piat, à l’angle de la rue des Envierges. Son parcours remontait en pente douce selon la forme d’un S, jusqu’à un escalier d’une trentaine de marches au sommet desquelles s’étale l’un des plus beaux panorama de la Capitale. L’endroit faisait parti d’un entrelas de ruelles et de passages qui avait mal supporté l’après guerre. Le secteur se dégradait au rythme de la lente extinction des industries de Belleville. Frappés d’insalubrité, la rue Vilin, le passage Julien Lacroix et leurs voisins seront sacrifiés sur l’autel de la rénovation urbaine. Au fil des ans, les palissades et les gravas se substiteront peu à peu aux anciens immeubles. En 1988, la construction du Parc de Belleville sur les ruines froides de l’îlot mettra un point final à l’aventure.

Nicolas Bonnell (2013) 

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