Monté à partir d’images d’actualités et de celles filmées à l’époque par Michel Andrieu et Jacques Kebadian, ce film est une promenade rêveuse à travers les lieux et les temps de Mai 68. On y rencontre des fantômes : nous avons grand besoin d’eux, ils nous manquent. Mai 68 est toujours à venir. Les fantômes ne reviennent pas du passé, ils sont notre futur.
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A 50 ans de distance, les riches archives de l’INA sur Mai 68 – images animées souvent bougées ou instantanés photographiques – appellent de nouvelles lectures. En contrepoint de reportages sur la révolte étudiante, d’autres images, notamment des photogrammes, réveillent pour les anciens protagonistes de Mai une mémoire sensible à fleur de peau. Jean-Louis Comolli poursuit le fil d’une réflexion à la fois critique et poétique sur le statut de ces images fantômes.
Ce montage d’archives adapté du livre « Les Fantômes de Mai « (photos choisies par Jacques Kebadian, texte de Jean-Louis Comolli, éd. Yellow Now, 2018) fait retour sur l’expérience vécue et rêvée de Mai 68.
Le commentaire puise également dans un corpus mêlé de Jean-Christophe Bailly (« Un Arbre en mai », 2018), Maurice Blanchot (« La Communauté inavouable », 1983) et Daniel Bensaïd (« Une Lente Impatience », 2004). Écrits à bonne distance des événements, ces textes ont en commun d’interroger le « nous » surgi de la dynamique d’un mouvement où chacun a fait une expérience unique de la fraternité.
Sans trame chronologique ni politique, le film s’arrête sur des photos, des fragments de pellicule souvent dégradés, traces ultimes d’un moment inégalable de bonheur partagé.
Devenues icônes, les images témoignent de la pure jouissance de courir, de défier la police, de participer de cette jeunesse du monde qui, de Berkeley à Tokyo, ébranle l’ordre en place.
Eva Ségal, Images de la culture / Cinémathèque du documentaire
Après avoir été l’un des animateurs du ciné-club d’Alger, présidé par Barthélemy Amengual, en 1959-1960, Jean-Louis Comolli vient à la Sorbonne à Paris, en philosophie, et surtout, rue d’Ulm, à la cinémathèque d’Henri Langlois, où il rencontre Jean Douchet, Jean-André Fieschi et Jean Eustache. Découverte de l’amitié et du cinéma.
Il entre aux Cahiers du cinéma en 1962, en devient rédacteur en chef en 1965 et le reste, avec Jean Narboni, jusqu’en 1973.
Entretemps, premières réalisations dans l’équipe de « Cinéastes de notre temps », avec Janine Bazin et André S. Labarthe. Premier film documentaire en juin 68, avec Labarthe : « Les Deux Marseillaises ». Premier film de fiction en 1974 : « La Cecilia ». Puis « L’Ombre rouge » et « Balles perdues ». En même temps, passage au cinéma documentaire : « Tabarka 42-87. » S’ensuivent plus de quarante « documentaires » et quelques fictions. Mais le choix est fait : en 1989, tournage de ce qui sera le premier épisode de la série « Marseille contre Marseille », avec Michel Samson (en tout, treize films).
Filmographie sur le site film-documentaire.fr
Bibliographie aux éditions Verdier
Monteuse et/ou coréalisatrice des films de Jean-Louis Comolli depuis la fin des années 1990, Ginette Lavigne est non seulement co-auteure de ces films, mais témoin privilégié de Comolli au travail. Son film « Jean-Louis Comolli, filmer pour voir » est à ce titre un très beau portrait du cinéaste face à ses propres films, un portrait intime parce que saisi dans sa manière de penser continuellement le cinéma. Et chez Comolli tout est cinéma, le cinéma est tout.
Après ses études à l’IDHEC, Jacques Kébadian entre dans le cinéma en tant qu’assistant réalisateur sur trois films de Robert Bresson : « Au hasard Balthazar » (1966), « Mouchette « (1967), « Une femme douce » (1969). En 1967, il réalise son premier film de fiction, T »rotsky », avec Patrice Chéreau dans le rôle de Trostky.
En 1968, il participe à la création des États généraux du cinéma et filme les grèves ouvrières. Il cofonde le collectif militant ARC.
Tout au long de son œuvre, Kébadian rend compte des combats menés par les opprimés. Ses origines arméniennes le déterminent à consacrer de nombreux films au génocide et à la diaspora arméniens. En 1982, il crée l’Association audiovisuelle arménienne et organise le festival du cinéma arménien au Studio 43 (Paris).
Jacques Kébadian réalise aussi des films sur le travail de nombreux artistes dans plusieurs disciplines, littérature, sculpture, architecture, peinture, danse, scénographie… notamment Jean-Robert Ipoustéguy, Pierre Guyotat, François Marie Anthonioz, Patrick Bouchain, André Acquart. Il réalise des portraits singuliers et historiques du compositeur expérimental Michel Chion, du cinéaste Sergueï Paradjanov, ou encore des résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle.
(Source : Tënk. Notice biographique mise à jour en mai 2024)
Filmographie de Jacques Kabedian, sur film-docutentaire fr
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