In Jackson Heights

  • Frederick Wiseman
2015
180min

Synopsis

Disponible en consultation gratuite sur place

Jackson Heights est la communauté la plus diversifiée du monde » affirme, avec une fierté légitime, le conseiller municipal Daniel Dromm. Avec ses 167 langues parlées, ce quartier du Queens à New York est le symbole d’un rêve américain universel et englobant. Frederick Wiseman filme le quotidien de cette communauté tiraillée entre son envie collective d’intégration à la société étatsunienne et sa nécessité individuelle à protéger ses traditions propres.

Mots clés : 
  • États-Unis
  • Identité culturelle
  • Immigration
  • Intégration
  • Métissage
  • New York
  • Population
  • USA
  • Ville
  • Wiseman

Jackson Heights est l’un des quartiers les plus cosmopolites de New York. Ses habitants viennent du monde entier et on y parle 167 langues. Ce quartier incarne à lui seul la nouvelle vague d’immigration aux États-Unis et concentre les problématiques communes aux grandes villes occidentales comme l’immigration, l’intégration et le multiculturalisme. 
Wiseman s’invite dans le quotidien des communautés du quartier new-yorkais, filmant leurs pratiques religieuses, politiques, sociales et culturelles, mais aussi leurs commerces et leurs lieux de réunion. Il met également en lumière l’antagonisme qui se joue au sein de ces communautés, prises entre la volonté de préserver les traditions de leur pays d’origine et la nécessité de s’adapter au mode de vie et aux valeurs des États-Unis.

« Jackson Heights est la communauté la plus diversifiée du monde » affirme, avec une fierté légitime, le conseiller municipal Daniel Dromm. Avec ses 167 langues parlées, ce quartier du Queens à New York est le symbole d’un rêve américain universel et englobant. Frederick Wiseman filme le quotidien de cette communauté tiraillée entre son envie collective d’intégration à la société étatsunienne et sa nécessité individuelle à protéger ses traditions propres.

Acte politique, « In Jackson Heights » s’amorce sur des images ordinaires de la communauté musulmane new-yorkaise, occultée par le cinéma américain : ablutions, salles de prières, arrière-boutique d’une boucherie halal. À cela s’adjoignent les récits prosaïques de divers habitants de Jackson Heights, d’une esthéticienne indienne à de futurs chauffeurs de taxis bengalais, élaborant le portrait des récentes vagues migratoires aux États-Unis.

Frederick Wiseman fédère cette communauté autour d’un même combat pour la citoyenneté américaine de droit, notamment par des préparations au test de citoyenneté, et de fait, à l’instar de cette transsexuelle mexicaine discriminée dans un restaurant.

L’œuvre révèle sur sa longueur l’entraide de ces « marginaux », comme cette synagogue abritant le Queens Center for Gay Seniors. Cependant, cette utopie multiculturelle est menacée par l’inéluctable gentrification symbolisée par le sort du Roosevelt Shopping Center et la tentative d’union de ses commerçants hispanophones désarmés.

Robin Miranda das Neves, Images de la culture / cinémathèque du documentaire

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L’AVIS DE TËNK

Wiseman est certainement – pour moi – le plus important cinéaste vivant, aujourd’hui… Chacun de ses films apporte une pièce supplémentaire au puzzle anthropologique qu’il construit depuis le début de sa carrière avec une pratique du cinématographe sans faille. Avec une apparente simplicité, facilité et une modestie qui lui permet de se glisser à la rencontre de tous, il nous livre ici le portrait d’un quartier Monde. À l’écoute de la parole publique de chacun, le documentaire nous permet de « regarder » pour « voir » vivre ce secteur du Queens à New York où les communautés font cause commune. À un moment où notre pays – la France – est agité par des forces contradictoires et violentes qui nous promettent la déchirure du tissu social, le film de Wiseman doucement, sans prétention, sans illusion, nous permet de réfléchir à comment mettre en commun les expériences de chacun, tout en apprenant la danse du ventre, et les quatre points cardinaux.

Pierre Oscar Lévy, réalisateur

Frederick Wiseman_by Erik Madigan Heck-moment wiseman lelieudocumentaire light

Frederick Wiseman (1930-2026) est un cinéaste américain né à Boston en 1930. Après des études de droit à l’université de Yale, il signe son premier documentaire en 1967, « Titicut Follies ». En 50 ans de carrière, il a réalisé et produit, au rythme de un par an, des films aux titres évocateurs. Il y poursuit sans relâche son étude des règles du « vivre ensemble » dans les grandes institutions dont s’est dotée la société américaine, et plus largement la société occidentale.

Ses films, que l’on peut rapprocher de l’essai littéraire, ne comportent aucune interview, aucune musique ajoutée, aucun commentaire, ni ordre chronologique. Il assure lui-même la prise de son pour tous ses films et dirige par des gestes son caméraman. De son œuvre prolifique, nous pouvons citer « High School » (1968), « Hospital » (1970), « Juvenile Court » (1973), et « Welfare » (1975), « Model » (1980), « Central Park » (1989), « Domestic Violence » (2001), « La Danse, le ballet de l’Opéra de Paris » (2009), « National Gallery » (2014), « In Jackson Heights » (2016), « Ex Libris: The New York Public Library » (2017), ‘City Hall’ (2020) et « Menus-Plaisirs – Les Troisgros » (2023).

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