Loin, là-bas…

  • Elisabeth Kapnist
1999
61min

Synopsis

Disponible en consultation gratuite sur place

De Moscou à Saint-Pétersbourg, en passant par la Sibérie et « La Bohême » (de Puccini), le train mythique du Transsibérien bouleverse les paysages intérieurs de l’histoire personnelle et familiale d’Élisabeth Kapnist, créant un jeu de miroir insolite avec la Russie présente et passée.

Mots clés : 
  • autoportrait intime confidence
  • Histoire
  • Mémoire
  • Portrait
  • Russie
  • Train

De Moscou à Saint-Pétersbourg, en passant par la Sibérie et « La Bohême » (de Puccini), le train mythique du Transsibérien bouleverse les paysages intérieurs de l’histoire personnelle et familiale d’Élisabeth Kapnist, créant un jeu de miroir insolite avec la Russie présente et passée.
 

loin la-bas - elisabeth kapnist - le lieu documentaire
loin la-bas - elisabeth kapnist - le lieu documentaire

En 1998, Elisabeth Kapnist décide de faire un voyage en Russie, son premier voyage sur la terre de ses origines.

Cette Russie qui ne cesse de la hanter, et dont elle a été nourrie depuis son enfance, à travers les histoires familiales, la littérature et la pâtisserie. Cette Russie qu’elle a retrouvée à intervalles réguliers dans son travail de cinéaste : en 1981, elle réalise son premier film qui raconte l’histoire de sa famille bouleversée par la Révolution d’octobre, en 1997, Arte la contacte pour un film consacrée à Chaliapine. Cette Russie qu’elle ne connaît pas. Cette Russie qu’elle ne comprend pas puisqu’elle n’en a jamais appris la langue.

Le déclic se produit lors d’une rencontre avec une jeune française qui part en Sibérie pour mettre en scène « La Bohème » de Puccini au grand théâtre de Novossibirsk avec des chanteurs russes : le projet est trop fou et l’occasion est trop belle, Elisabeth ira la rejoindre dans cette Sibérie du bout du monde. Et comme Elisabeth est cinéaste avant tout, elle part avec une caméra et une amie pour l’aider dans son entreprise. Elle part avec l’idée d’en faire un film.

Pour confronter sa Russie imaginaire avec le pays réel qu’elle va traverser d’un bout à l’autre, Elisabeth choisit de prolonger le mythe et d’emprunter ce train de rêve, légendaire qu’est le Transsibérien. Et le voyage commence, scandé par le rythme du train. Et Elisabeth filme, comme on prend des notes, ou comme on esquisse des dessins dans un carnet de voyage : par petites touches et fragments. Elle cherche en chemin les bribes de son histoire, ici en prenant le thé avec trois générations de femmes, là en suivant les répétitions du théâtre…

— Marie Guirauden.

Le Prix Charles Brabant 2026 décerné à Élisabeth Kapnist par la Scam

Le jury distingue cette année Élisabeth Kapnist pour l’ensemble de son œuvre audiovisuelle. Ses films reviennent sur les figures majeures et les grands évènements de l’histoire, pour éclairer ce que ces récits ont laissé derrière eux : les personnages secondaires, la part d’ombre, le hors-champ. Elle trace une voie unique dans le documentaire, une invitation à repenser l’essence de la narration et à imaginer d’autres possibles.

Monteuse image dans les années 1975-1985, notamment aux côtés de Jean Rouch, Élisabeth Kapnist cofonde en 1981 les Ateliers Varan, qui deviendront une référence de la formation au cinéma documentaire. Une faille humaine, un paradoxe, ou un choix singulier constituent souvent le point de départ et la trame de ses portraits : la fêlure d’Orson Welles (Orson Welles, autopsie d’une légende, 2014), la frontière trouble entre génie et folie de Vaslav Nijinski (2001), l’expérience de la souffrance dans La Vie en vrac (2011, Étoile de LaScam en 2013), l’engagement de Luchino Visconti, aristocrate attaché au communisme (Luchino Visconti, entre vérité et passion, 2015).
Ses films racontent aussi les figures restées dans l’ombre des légendes : Lydia Delectorskaya, muse occultée de Matisse (Matisse et Lydia, 2024) ; Céleste Albaret, confidente discrète de Marcel Proust (Céleste et Monsieur Proust, 2021) ; ou encore les épouses de présidents de la Ve République (Neuf Femmes aux marches du palais, 1999). Et reviennent sur les traces laissées par l’exil de sa famille paternelle, ayant fui la révolution bolchévique, avec plusieurs très beaux documentaires consacrés à la Russie, dont Loin, là-bas… (1999).
Son œuvre singulière laisse une grande place aux matériaux d’archives, et ouvre le documentaire à toute la complexité humaine, en mêlant histoire, parole intime, destinées et événements du quotidien.

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