une soiree avec alain willaume - un reel hanté - le lieu documentaire
Temps fort : photographie

Une soirée avec Alain Willaume, photographe : un réel hanté

mercredi 10 juin 2026
à 18:30
Le Lieu documentaire, Maison de l'image, Strasbourg

Une soirée spéciale consacrée à Alain Willaume, photographe, membre du collectif Tendance floue et réalisateur, à l’occasion de la présentation de son exposition « Nul soleil. Mais le feu » à Stimultania, pôle de photographie à Strasbourg, du 22 mai au 5 septembre 2026, et de la parution du livre éponyme aux éditions de l’Atelier EXB. Entrée libre, du mercredi au samedi de 14h à 18h30.

À 17h : en ouverture de la soirée, vous pourrez visiter l’exposition à Stimultania, en présence du photographe.

À 18h30 au Lieu documentaire, projections de trois films : « ALAIN WILLAUME. PORTRAIT ROBOT AU BORD DU GOUFFRE », réalisé par Baudouin Koenig, coécrit avec Fulvia Alberti (26’ | 2004 | SEPPIA, France 3 Alsace), « STRASBOURG EST. PORTRAIT ROBOT D’UNE VILLE D’OCCIDENT À LA FIN DU SIÈCLE » d’Alain Willaume et Georges Pasquier (45’ | 1988 | FR3 Alsace), « PHARE OUEST. CHRONIQUES D’EXTRÊME-EUROPE n°1, ÎLE DE FER – TERRITOIRE ESPAGNOL » d’Anne Testut et Alain Willaume (7’ | 1991 | Les Films de l’observatoire, Eurocréation Production, Testut & Willaume) et, en after, « POESIS », film photographique du collectif de photographes Tendance Floue (32′ | 2016).

En présence d’Alain Willaume, photographe.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

En prélude à la soirée, nous vous convions à la projection de la captation de la lecture-projection « Les interstices du songe » de Wajdi Wouawad et Alain Willaume, vendredi 5 juin 2026 au Lieu documentaire, Strasbourg.

Le focus sur l’oeuvre d’Alain Willaume est proposé par Le Lieu documentaire, en partenariat avec Stimultania, à l’occasion de son exposition et de notre « Temps fort photographie ».

Info : la salle de projection du Lieu documentaire est accessible aux personnes à mobilité réduite. Des places PMR sont dédiées au premier rang.

logo-stimultania-lelieudocumentaire-strasbourg

  • Baudouin Koenig
  • Fulvia Alberti
2004
26'
  • France 3 Alsace
  • Seppia

Photographe indépendant originaire d’Alsace, Alain Willaume développe une œuvre singulière en prise avec le monde qu’il sillonne et observe depuis de nombreuses années. L’exposition que lui ont consacré les Rencontres d’Arles en 2003 était intitulée « Bords du gouffre » ; elle mettait en perspective plusieurs séries de ses photographies qui, toutes, racontent la violence et la vulnérabilité du monde et des humains qui l’habitent.
Ces photographies ont constitué le fil conducteur du portrait que le réalisateur Baudouin Kœnig dresse d’Alain Willaume dans un documentaire qui nous mène des rives du Rhin jusqu’à Dharamsala en Inde en passant par Arles et Paris.
En contre champ, Alain Willaume nous y parle de son travail, de ses images énigmatiques et de sa représentation du monde.

Baudouin Koenig-le lieu documentaire

Baudouin Koenig est réalisateur. Le cinéma documentaire, outil de dialogue et de connaissance de l’autre : c’est avec cette idée qu’il raconte depuis 1980 un monde blessé.  Certains de ses films sont particulièrement salués par la critique : « I love Democracy : Turquie, Irlande-Sarajevo », « Les Démons de l’archipel », « Du Golf au Kurdistan, des hommes abandonnés de Dieu », « Keep Shooting », « Leïla Shahid, l’espoir en exil » et « Qui contrôle la mer ? » 

En 2014, il réalise une enquête dans le laboratoire secret de l’ultra-libéralisme : « Armateurs, les lois offshore ». Il est aussi l’un des fondateurs d’ ALTERdoc, collectif de professionnels de l’audiovisuel réunis autour d’un engagement commun pour la défense des droits humains, et dont les buts sont de favoriser la production, la diffusion et de mettre sur pied des projets de formation.

Il enseigne le cinéma documentaire à l’Université Aix-Marseille.

alain willaume - Fabien Riberi aout 2025 - le lieu documentaire

Photo : Fabien Riberi (août 2025)

S’adossant dubitativement au réel, l’œuvre d’Alain Willaume se lit comme un atlas d’incertitudes, aux marges du documentaire. Farouche expérimentateur de formes, il dresse une cartographie personnelle qui alerte sur la violence et la vulnérabilité du monde et des humains qui l’habitent. Photographe pour qui la fiction n’est pas l’envers de la réalité mais une de ses modalités, Alain Willaume n’oppose pas engagement et mystère, mais les unit au contraire dans une forme n’ayant nul besoin d’être tonitruante pour être efficace. Ses images taciturnes, nourries de la tension et de la beauté du monde, ouvrent la pensée et la parole. Elles mettent à jour, sous la conformité des apparences, des lignes de failles et des béances. S’appuyant sur l’écriture et/ou l’installation dans l’espace, son travail photographique interroge la condition des paysages, à la fois puissants et en sursis, et le comportement de l’homme.

Le travail d’Alain Willaume a fait l’objet de nombreuses expositions : Rencontres d’Arles, Fondation Cartier (Paris), CAPC-Villa Perochon (Niort), festival Fotografia Europea de Reggio Emilia (Italie), FIAF Gallery New York (USA), Festival Portrait(s) (Vichy), Lux-scène nationale (Valence), théâtre national de La Colline (Paris), Biennale photographique de Mulhouse, Rencontres photographiques de Bamako (Mali)…Il est l’auteur de plusieurs monographies, notamment « Un réalisme hanté » (Arnaud Bizalion Éditeur), « Coordonnées 72/18 », (Éditions Xavier Barral) nominé au Prix Nadar 2019, « Bords du gouffre » (Éditions Textuel). Ses œuvres figurent parmi des collections publiques et privées (Fondation Cartier, Musée des Beaux-Arts de Mulhouse, MAMC Strasbourg). Il est lauréat de la Fondation des Artistes 2021, du Sony World Photography Award 2011 (premier prix, catégorie Portraits) ainsi que du Prix Kodak de la critique photographique 1979. Il est lauréat 2024 de la Villa Kujoyama, avec le soutien de l’Institut français, de l’Institut français du Japon et de la Fondation Bettencourt Schueller.

Il est également l’auteur de « La ligne des amers » (1998), une installation photographique permanente produite et récemment restaurée par le CEAAC (Centre européen d’actions artistiques).

Alain Willaume est membre du collectif Tendance Floue depuis 2009.

ALAIN WILLAUME | SÉLECTION DE LIVRES

AUTRES FILMS PRÉSENTÉS LORS DE CETTE SOIRÉE AVEC ALAIN WILLAUME, EN SA PRÉSENCE

alain willaume et georges pasquier - strasbourg est - le lieu documentaire
alain willaume et georges pasquier - strasbourg est - le lieu documentaire-interview dna

STRASBOURG EST. PORTRAIT ROBOT D’UNE VILLE D’OCCIDENT À LA FIN DU SIÈCLE
d’Alain Willaume et Georges Pasquier
45’ | 1988 | FR3 Alsace | France

Alain Willaume et Georges Pasquier portent sur Strasbourg le regard qu’un homme amoureux porterait sur celle qu’il aime depuis longtemps. Ils n’en voient plus les traits extérieurs, ceux que tout le monde connaît. Ils partent du principe que la belle a une certaine notoriété. Ils ne s’arrêtent donc pas au manifestement visible. Le portrait qu’ils esquissent de la ville tient un peu de confidence, de l’indiscrétion, de la surprise. Leur film ne relève d’aucun genre répertorié.

Que la ville qu’ils nous montrent ne ressemble en rien à ce que l’on croit savoir d’elle importe peu finalement. En retournant quelques-unes de ses poches confidentielles, voire obscures, ils ne font qu’en agrandir le territoire.

La seule parole qui structure le film et qui nomme la ville est celle de Monsieur Rudloff, le maire, dont le discours lu le 1er janvier 1988 ponctue les séquences. Cette parole incantatoire qui scande une « ville idéale » est aux images de Willaume et Pasquier ce qu’un portrait officiel serait à un instantané pris dans l’intimité.

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PHARE OUEST. CHRONIQUES D’EXTRÊME-EUROPE n°1, ÎLE DE FER – TERRITOIRE ESPAGNOL
d’Anne Testut et Alain Willaume

7’ | 1991 | Les Films de l’observatoire, Eurocréation Production, Testut & Willaume

PHARE-OUEST est une évocation poétique de la mythique Île de Fer.  Ptolémée, le géographe de l’antiquité, y situait le méridien O du monde connu et l’a décrété terre la plus occidentale du continent européen. 

On y découvre Jorge, le gardien du dernier phare à pétrole de l’île et d’autres habitants et aspects de cette île aux confins de l’Europe.

Ce film a été tourné en 1991, au début du « Voyage en Extrême Europe » qui a donné naissance à la série photographique « De Finibus Terrae ».

Ce court-métrage a été le pilote d’une série télévisée évoquant les extrémités géographiques de l’Union européenne constituée alors de 15 pays. La série ne vit jamais le jour.

PROJECTION EN AFTER

Tendance-Floue-poesis-alain willaume - le lieu documentaire

POESIS
Film photographique du collectif de photographes Tendance Floue

32’ | 2016 | Collectif Tendance Floue | France

Images de Pascal Aimar, Thierry Ardouin, Denis Bourges, Gilles Coulon, Olivier Culmann, Grégoire Eloy, Mat Jacob, Caty Jan, Yohanne Lamoulère, Philippe Lopparelli, Bertrand Meunier, Meyer, Flore-Aël Surun, Patrick Tournebœuf et Alain Willaume

À l’origine, le mot grec “poesis” signifie création. Il s’agit encore de faire ensemble, d’inventer, de s’inventer en images. Cet opus de notre œuvre collective s’inscrit dans un courant contemporain de résistance artistique. À notre mesure, nous devons nous tenir aux côtés de celles et ceux qui s’engagent pour défendre la célébration permanente du regard poétique, la magie de voir la lune comme si c’était la première fois. À l’heure où les barbaries se déploient dans un univers qui se consomme et se consume, il est urgent de déclarer libre le royaume de l’émotion. Ne pas espérer, mais désirer. Se pencher sur l’inconnu, embrasser notre pouvoir d’imagination, nourrir le langage de l’image par la soumission poétique et le mystère. La photographie ne change pas le monde, elle y participe.

ALAIN WILLAUME | PODCASTS, ENTRETIENS VIDÉO ET REVUE

Entretien avec Alain Willaume par Franck Ribery, extrait

F.R. : N’y a-t-il pas dans votre poétique photographique une tension constante entre abstraction et figuration, ce qui apparaît et ce qui disparaît, une forme de paix et un océan de troubles, une soif d’être au monde et une sensation de néant ?

A.W. : Je crois en effet ne savoir photographier que sous cette tension : elle fonde à mes yeux le réel et le rend lisible à mes yeux. Mon penchant naturel à la contemplation du monde est sans cesse vrillé par les innombrables tragédies qui l’habitent. Sans vouloir faire le récit circonstancié de ces désastres, j’essaie néanmoins d’en être l’écho, même diffracté. Mais je ne peux pas non plus résister au témoignage de quelques-unes de ses beautés fulgurantes. C’est la friction de ces deux pôles qui constitue, je crois, l’assise de ma photographie. Et ce livre, « Coordonnées 72/18 », (Éditions Xavier Barral), pour la première fois, en témoigne.

Lire l’entretien en intégralité sur le site « L’intervalle ».

« NUL SOLEIL. MAIS LE FEU » | UNE EXPOSITION D’ALAIN WILLAUME
DU 22 MAI AU 5 SEPTEMBRE 2026, À STIMULTANIA, PÔLE DE PHOTOGRAPHIE À STRASBOURG 

NUL SOLEIL. MAIS LE FEU - exposition photographie - Alain Willaume - stimultania - le lieu documentaire

Membre du collectif Tendance Floue, Alain Willaume développe, aux marges des courants dominants du documentaire, une œuvre faite d’images énigmatiques qui font récit de la tension et de la vulnérabilité du monde et des humains qui l’habitent.

Durant sa résidence à la Villa Kujoyama à Kyoto, il a confronté aux lumières de l’hiver japonais les incertaines notions de wabi et de sabi. NUL SOLEIL. MAIS LE FEU, la série photographique née de ce séjour, dessine le territoire d’un XXIe siècle vacillant et parcourt les méandres fiévreux d’un Japon “sans soleil”. Ce travail sur la béance et la beauté, ponctué de silhouettes énigmatiques, est nourri du tremblement des certitudes, dans les ondes d’une mystérieuse puissance tellurique.

L’ensemble de la sérié sera publié en 2026 par l’Atelier EXB et fera l’objet d’une exposition itinérante au sein du Réseau Diagonal, pilotée par le pôle de photographie Stimultania (Strasbourg) et avec le soutien technique du Musée Nicéphore Niépce (Chalon-sur-Saône). Un intriguant boro d’enfant, acquis sur un marché aux puces de Kyoto, accompagnera les expositions.

Plus d’information sur l’exposition

Lire / télécharger le communiqué de presse

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