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Gisèle Freund - Teri Wehn Damisch - Musée Würth - Le Lieu documentaire copie
ZOOM. Visages et œuvres de la Collection Würth | Musée Würth Erstein

« Gisèle Freund, portrait intime d’une photographe visionnaire » de Teri Wehn Damisch

dimanche 20 septembre 2026
à 16:00
Musée Würth, Erstein (67)

Projection gratuite du film « Gisèle Freund, portrait intime d’une photographe visionnaire » de Teri Wehn Damisch (52mn, 2021, Complices Films, Arte France) proposée par le Musée Würth France Erstein, en partenariat avec Le Lieu documentaire, dans le cadre de l’exposition « ZOOM. Visages et œuvres de la Collection Würth », du 25 janvier 2026 au 10 janvier 2027 et de notre cycle de projections autour de l’exposition.

Entrée gratuite, sur réservation. à partir de fin août 2026 sur le site du Musée Würth.

Infos : l’auditorium du Musée Würth Erstein France est accessible aux personnes à mobilité réduite.

  • Teri Wehn Damish
2021
52'
  • Arte France
  • Complices Films
Gisèle Freund - Teri Wehn Damisch - Musée Würth - Le Lieu documentaire-couv

Gisèle Freund (1908 – 2000), photographe, sociologue et écrivaine franco-allemande, a été le témoin des figures et des évènements du siècle qu’elle a traversé. Elle fuit l’Allemagne nazie en 1933 et s’installe à Paris où elle deviendra la pionnière du portrait couleur des artistes et des écrivains. Rare femme reporter ayant intégré l’agence Magnum dès sa création, elle a été à la fois actrice et penseuse de la photographie.
Le portrait mythique d’André Malraux et les photographies de Frida Kahlo à Mexico city, c’est elle… Mais Gisèle ne peut se résumer ainsi.

À la lueur de ses archives aujourd’hui rassemblées à l’Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine, la caméra de celle qui fut son amie explore ses photographies inédites, ses planches-contact, ses reportages et ses écrits. Le portrait intime d’une femme singulière et audacieuse se dessine sous nos yeux.

Visuels - Gisèle Freund - Teri Wehn Damisch - Musée Würth - Le Lieu documentaire9_NEWCASTLE ON TYNE 1935
Visuels - Gisèle Freund - Teri Wehn Damisch - Musée Würth - Le Lieu documentaire3_ANDRE MALRAUX 1935
Visuels - Gisèle Freund - Teri Wehn Damisch - Musée Würth - Le Lieu documentaire4_VIRGINIA WOOLF 1939
Visuels - Gisèle Freund - Teri Wehn Damisch - Musée Würth - Le Lieu documentaire5_FRIDA KAHLO 1951

Photo : Gisèle Freund © Archives Gisèle Freund / IMEC / Fonds MCC et pour les photos de Virginia Woolf et Frida Kahlo © IMEC, Fonds MCC, Dist.Rmn /photos Gisèle Freund

Au travers d’abondantes archives, un portrait intime de Gisèle Freund, photographe, sociologue et écrivaine, qui a immortalisé presque toutes les grandes figures du siècle dernier et témoigné avec acuité de la condition humaine.

Le portrait mythique de Malraux la mèche au vent, c’est elle, comme celui, officiel, de François Mitterrand président, posant devant une bibliothèque. James Joyce, Virginia Woolf, Colette, Duras, Sartre et Beauvoir, mais aussi son ami Walter Benjamin, rencontré dans l’exil à Paris et sensible, comme elle, à la force des images… : tous ont défilé devant son objectif.

D’origine juive et membre d’un groupe communiste, Gisèle Freund, née à Berlin en 1908 dans la bourgeoisie éclairée, fuit l’Allemagne nazie une nuit de mai 1933 avec, dans ses bagages, des clichés des corps tuméfiés de ses camarades, pris avec un Leica offert par son père.

Cette héritière de Nadar, pionnière du portrait couleur, ira aussi sillonner le monde. Au fil de reportages dont elle rédige les textes, l’aventurière pose un regard aiguisé sur la condition humaine, du prolétariat du nord de l’Angleterre au petit peuple d’Argentine, leurré par l’icône Eva Perón, dont elle révèle dans Life l’indécente opulence. Au Mexique, celle qui se rêve cinéaste habite chez Diego Rivera et Frida Kahlo, qui s’en éprend.

Rare femme ayant intégré l’agence Magnum dès sa création, cette actrice et penseuse de la photographie à l’allure Chanel a documenté les bouleversements politiques et sociaux du XXe siècle et en a immortalisé les figures les plus marquantes.

Tourbillon de la vie Inspirée par son amitié pour celle qu’elle a rencontrée en 1983, Teri Wehn-Damisch a plongé dans les archives de Gisèle Freund, conservées à l’abbaye d’Ardenne, siège de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (Imec), pour scruter avec émotion des centaines de planches-contacts.

À travers l’objectif de la photographe, disparue en 2000, défilent intensément les soubresauts et le tourbillon artistique et intellectuel du siècle dernier, laissant aussi émerger ses coups de cœur et blessures d’exilée. De Berlin à Paris, et de Buenos Aires à Brighton, le voyage est guidé par sa voix grave et celles qui l’ont connue − sa collaboratrice Élisabeth Perolini, l’écrivaine Rauda Jamis, les historiennes de l’art Lorraine Audric et Nathalie Neumann, et la chercheuse au CNRS Monique Sicard. En forme d’hommage, le beau portrait intime d’une grande dame des images.

(texte repris de la plateforme Arte Campus)

freund-photographie-societe-1-le lieu documentaire

Photographe française d’origine allemande, considérée comme l’une des grandes portraitistes du XXe siècle, Gisèle Freund est d’abord sociologue de formation. C’est par l’étude de l’histoire de la photographie et de ses usages qu’elle arrive à la pratique de cet art.

(texte repris du site de l’Imec)

Fuyant l’Allemagne en 1933 alors qu’elle est prépare un doctorat à l’université de Francfort, elle poursuit sa thèse à la Sorbonne. Afin de financer ses études, elle entame une carrière de photographe professionnelle. Amie de la libraire Adrienne Monnier, elle réalise les portraits de très nombreux écrivains (notamment Virginia Woolf, James Joyce, Colette, André Malraux, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Samuel Beckett, André Gide, Henri Michaux, Michel Leiris…), ainsi que des reportages en Europe et en Amérique du Sud.

L’action militante de Gisèle Freund dans le domaine de la photographie s’illustre ensuite par ses écrits. Elle prône non seulement une éducation à l’image, mais milite également dans les années 1970-1980 pour la reconnaissance d’un statut d’auteur du photographe et pour l’assimilation de la photographie aux arts plastiques.

En 1980, elle reçoit du Ministère de la culture le Grand Prix national des arts pour la photographie et réalise, en 1981, le portrait officiel du président François Mitterrand. Une grande rétrospective de son œuvre lui est consacrée en 1991 au Centre Georges-Pompidou et l’IMEC a réalisé en 2011 une exposition intitulée Gisèle Freund, l’œil frontière. Paris, 1933-1940 à la Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent.

Née à Paris en 1936, Teri Wehn Damisch a grandi aux États-Unis. Cinéaste documentariste, elle est passionnée par la philosophie, l’art et la culture. Après une carrière dans l’audiovisuel, notamment à l’ORTF et sur Antenne 2, elle se tourne en 1984 vers la réalisation de films documentaires.

Véritable médiatrice des mondes de l’art (français et américains), elle aime mélanger les genres. Elle brosse le portrait d’intellectuels majeurs comme Umberto Eco, ou des artistes moins connus du grand public comme Kasimir Malevitch ou Vladimir Maïakovski. Elle réalise par la suite Ping Pong, une fresque sur le va-et-vient des cultures entre les grandes capitales, qui mêle la danse, la musique, le spectacle.

En 2014, elle signe Les Enfants otages de Bergen-Belsen, film bouleversant mêlant l’horreur concentrationnaire et une réflexion sur l’image, ses supports (écran de cinéma, tablette…) et ce qu’elle produit sur la jeunesse d’aujourd’hui comme sur les survivants d’hier. 

En 2017, Teri Wehn Damisch fait don de ses archives à l’INA.

En 2022, son œuvre est mise à l’honneur lors d’une rétrospective au Centre Pompidou, et elle reçoit le prix Charles Brabant de la Scam pour l’ensemble de sa carrière. Elle est reconnue notamment pour son travail auprès des grands intellectuels du XXe siècle et son rôle de médiatrice des mondes de l’art.

(Sources : filmdodumentaire.fr INA & La Scam. Notice biographique mise à jour en février 2025)

Consulter l’ouvrage Teri Wehn Damisch : Passages transatlantiques entre les arts, Harun Farocki Institut, 2025

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