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Le champ journalistique et la télévision – Pierre Bourdieu

  • Gilles L'Hôte
1996
54

Synopsis

L’exercice que s’impose Pierre Bourdieu relève du paradoxe : parler à la télévision de la télévision. Si l’on s’en tient aux règles habituelles du dispositif télé-“vivacité” des propos, fourniture d’un discours mémorisable bref et simplifié -, l’émission est “ratée; d’ailleurs, on vous l’avait bien dit, Bourdieu est un sinistre qui voit le mal partout et surtout chez les journalistes. Et qui déteste la télé…

Fermons ici la boîte à idées reçues et écoutons Bourdieu : Que dit-il ? Que la télévision, après avoir, à ses débuts, joué le rôle d’un acteur au rabais dans l’univers du journalisme, a retourné le jeu en sa faveur : qu’au passage elle lui a imposé ses règles, ou plutôt son absence de règles; incapable d’inventer des lois propres, elle a suivi celles que l’extérieur lui imposait : en premier lieu l’audimat, maladie qu’elle a propagée dans le système entier du journalisme avec les conséquences qu’on connaît sur le plan du travail hâtif et de la fausse concurrence; que, plus fort encore, la télévision a étendu son pouvoir à des univers comme celui des artistes ou des chercheurs, lesquels, à force de temps, s’étaient construits des règles, et qui les voient mises à mal quand n’importe quel philosophe en peau de lapin est recyclé en grand penseur par l’effet-télé. Tout cela est plus grave qu’une simple critique des sticoms. Il s’agit, pardon pour le gros mot, de démocratie.

Mots clés

L’exercice que s’impose Pierre Bourdieu relève du paradoxe : parler à la télévision de la télévision. Si l’on s’en tient aux règles habituelles du dispositif télé-“vivacité” des propos, fourniture d’un discours mémorisable bref et simplifié -, l’émission est “ratée; d’ailleurs, on vous l’avait bien dit, Bourdieu est un sinistre qui voit le mal partout et surtout chez les journalistes. Et qui déteste la télé…

Fermons ici la boîte à idées reçues et écoutons Bourdieu : Que dit-il ? Que la télévision, après avoir, à ses débuts, joué le rôle d’un acteur au rabais dans l’univers du journalisme, a retourné le jeu en sa faveur : qu’au passage elle lui a imposé ses règles, ou plutôt son absence de règles; incapable d’inventer des lois propres, elle a suivi celles que l’extérieur lui imposait : en premier lieu l’audimat, maladie qu’elle a propagée dans le système entier du journalisme avec les conséquences qu’on connaît sur le plan du travail hâtif et de la fausse concurrence; que, plus fort encore, la télévision a étendu son pouvoir à des univers comme celui des artistes ou des chercheurs, lesquels, à force de temps, s’étaient construits des règles, et qui les voient mises à mal quand n’importe quel philosophe en peau de lapin est recyclé en grand penseur par l’effet-télé. Tout cela est plus grave qu’une simple critique des sticoms. Il s’agit, pardon pour le gros mot, de démocratie.

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