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Histoire d’un regard. À la recherche de Gilles Caron

  • Mariana Otero
2019
90min

Synopsis

Disponible en consultation gratuite sur place

Gilles Caron, alors qu’il est au sommet d’une carrière de photojournaliste fulgurante, disparaît brutalement au Cambodge en 1970. Il a tout juste 30 ans. En l’espace de 6 ans, il a été l’un des témoins majeurs de son époque, couvrant pour les plus grands magazines la guerre des Six Jours, mai 68, le conflit nord-irlandais ou encore la guerre du Vietnam.

Lorsque la réalisatrice Mariana Otero découvre le travail de Gilles Caron, une photographie attire son attention qui fait écho avec sa propre histoire, la disparition d’un être cher qui ne laisse derrière lui que des images à déchiffrer. Elle se plonge alors dans les 100 000 clichés du photoreporter pour lui redonner une présence et raconter l’histoire de son regard si singulier.

Mots clés : 
  • Création
  • Guerre du Vietnam
  • Image
  • Journalisme
  • Photographie
  • Portrait

Gilles Caron, alors qu’il est au sommet d’une carrière de photojournaliste fulgurante, disparaît brutalement au Cambodge en 1970. Il a tout juste 30 ans. En l’espace de 6 ans, il a été l’un des témoins majeurs de son époque, couvrant pour les plus grands magazines la guerre des Six Jours, mai 68, le conflit nord-irlandais ou encore la guerre du Vietnam.

Lorsque la réalisatrice Mariana Otero découvre le travail de Gilles Caron, une photographie attire son attention qui fait écho avec sa propre histoire, la disparition d’un être cher qui ne laisse derrière lui que des images à déchiffrer. Elle se plonge alors dans les 100 000 clichés du photoreporter pour lui redonner une présence et raconter l’histoire de son regard si singulier.

PROPOS DE MARIANA OTERO, EXTRAITS DU DOSSIER DE PRESSE

Un jour, alors que je finissais le montage de mon film « À ciel ouvert » (2013), le scénariste Jérôme Tonnerre m’a fait parvenir un livre, la biographie d’un photographe. En le feuilletant, j’ai découvert de magnifiques photographies dont quelques-unes m’étaient familières mais, étrangement, je ne connaissais pas le nom de celui qui les avait faites : Gilles Caron.

Et puis je suis tombée sur les dernières pages du livre. Elles relatent la disparition soudaine de Gilles Caron au Cambodge en 1970. On y voit son dernier rouleau de photos, des adolescents cambodgiens, sourire aux lèvres, revêtant l’uniforme pour aller à la guerre. Entremêlées à ces images de reportage, deux petites filles en bonnet dans un jardin en hiver, ses deux filles Marjolaine et Clémentine. J’étais saisie. Je retrouvais comme en miroir, les dessins que ma mère peintre, Clotilde Vautier, avait faits de ma sœur et de moi-même enfants, peu avant sa mort en 1968 alors qu’elle aussi avait à peine trente ans.

Ces photos, cet écho étaient comme un appel, une invitation à faire un film.

J’ai alors voulu rencontrer la femme et les filles de Gilles Caron pour savoir comment elles avaient vécu cette disparition et si des recherches avaient été entreprises et avaient ouvert des pistes. Suite à nos longues discussions, j’ai compris qu’il serait inutile de vouloir enquêter une fois encore au Cambodge et que ce n’était pas de ce côté que le film pourrait aller.

Et puis, très vite la famille a accepté de mettre à ma disposition sous leur forme numérique les 100 000 photos prises par Caron au cours de sa fulgurante carrière.

Face à cette quantité gigantesque d’images, j’ai commencé par m’intéresser au reportage d’où est issue la célèbre photo représentant Cohn-Bendit face à un policier en 1968. Je voulais comprendre et reconstituer le trajet de Caron dans les quelques mètres carrés qu’il avait arpentés ce jour-là. C’est à ce moment-là, pendant le temps de cette recherche, alors que j’avais l’impression d’accompagner le photographe derrière son épaule que le désir du film est devenu évident, impérieux.

Déchiffrer des images pour révéler au travers d’elles la présence de celui ou de celle qui les avait faites, était une démarche que j’avais déjà explorée dans le film sur ma mère « Histoire d’un secret » (2003). Ce nouveau film « Histoire d’un regard » est né de ce même désir : faire revivre un artiste à partir des images  qu’illaisse et exclusivement à partir d’elles.

Histoire d'un regard - Mariana Otero - le lieu documentaire-3

L’AVIS DE TËNK

Le regard de Gilles Caron est le fruit d’une époque. L’énergie, la vivacité, la modernité qui se dégagent de ses photographies en font un digne représentant du bouillonnement des années 60. Son œuvre constituée en quelques années à peine couvre les sujets les plus brûlants de la deuxième moitié du 20e siècle : révoltes étudiantes, Irlande du Nord, Biafra, Vietnam, Cambodge… Il semble s’être démultiplié pour saisir l’étendue du monde à travers son objectif, puis s’est dissous en plein vol, disparu abruptement au Cambodge, au milieu d’un reportage. Le mystère de son regard, qui semble pourtant si clair à travers ses clichés expressifs, Mariana Otero l’a senti dans le trouble de cette disparition.

Deuxième volet d’un diptyque entamé avec « Histoire d’un secret », Mariana Otero tente de se glisser dans les traces laissées par des images pour comprendre quelque chose du disparu. La démarche d’Otero est un travail de deuil, une réflexion sur la nature tragique de l’image, qui témoigne de « ce qui a été », de « ce qui n’est plus », tels ces enfants affamés du Biafra qui ne survivront pas malgré l’image. Mais ce travail de deuil permet de redonner corps à l’absent et de ressusciter son regard, faisant ressurgir Gilles Caron et son humanité, faisant ressurgir la vie.

– Naomie Décarie-Daigneault, directrice artistique de Tënk

Histoire d'un regard - Mariana Otero - le lieu documentaire-caron copie

Gilles Caron. Décembre 1968, Tchad © Fondation Gilles Caron / Clermes

Histoire d'un regard - Mariana Otero - le lieu documentaire-4

Née en 1963, Mariana Otero, après des études de cinéma à l’IDHEC, se passionne pour le documentaire. Elle réalise plusieurs films pour Arte dont « La loi du collège » qui deviendra le premier feuilleton documentaire de la chaîne.

Entre 1995 et 2000 elle vit au Portugal où elle réalise « Cette télévision est la vôtre », qui déclenche une énorme polémique au Portugal. Revenue en France elle se tourne vers le cinéma avec « Histoire d’un secret » en 2003. En 2010, elle réalise « Entre nos mains », qui sera nommé aux César du Meilleur documentaire. Suivent « À ciel ouvert » en 2013, puis « L’Assemblée » en 2017. Son film, « Histoire d’un regard », sur le photo reporter Gilles Caron, est sorti en 2019.

Par ailleurs, elle enseigne aux Ateliers Varan, à la Fémis, à Jussieu, au Creadoc (Université de Poitiers/ Angoulême), à l’ECAL (Lausanne) etc. Elle est membre de l’Acid dont elle a été co-présidente de 2010 à 2012.

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