“Akeji le souffle de la montagne” de Mélanie Schaan et Corentin Leconte

Akeji le souffle de la montagne- Mélanie Schaan et Corentin Leconte - coup de coeur Justine - lelieudocumentaire
Coup de coeur de Justine – le Lieu documentaire (décembre 2022)

Akeji, le souffle de la montagne アケジ、山に棲む
de Mélanie Schaan et Corentin Leconte | 2021 | 72’ | vost | Mille-et-une-films prod, France TV

Le documentaire est disponible actuellement sur la plateforme payante Tënk dans le cadre du festival “Vrai de vrai 2023” 


Résumé

Au plus profond des montagnes, Akeji et Asako vivent à l’écart du monde. Parmi les animaux et les esprits de la nature, la vie s’écoule hors du temps. Artiste de renom, Maître Akeji descend d’une lignée de samouraïs, initié à la Voie du thé, du sabre et de la calligraphie. Saison après saison, Asako cueille des végétaux qu’elle transforme en pigments, Akeji prie et s’adonne à la peinture. Le cycle de la nature semble immuable. Pourtant, le temps des humains se fissure.

L’avis de Justine | Le lieu documentaire

Ce film est un poème, c’est l’histoire du temps qui s’égrène, de la nature, de l’être humain. Nul besoin de mots quand les images parlent d’elles-mêmes. On observe pendant une heure une succession de plans parfois silencieux, parfois ponctués des sons de la forêt et ainsi, la vie de Akeji Sumiyoshi senseï ainsi que de sa femme, Asako, se dessine. Akeji senseï, maître calligraphe initié à la Voie du thé, n’a jamais cherché la renommée.

On ressent, à travers ce film documentaire de Mélanie Schaan et Corentin Leconte, la fragilité de son art mais aussi de la vie, aussi bien celle de l’Homme que de ce couple d’ermite.

Les saisons passent dans la vallée de Himuro (région de Kyoto) et les images sont empreintes d’une sensibilité, d’une pureté, qui font presque office de testament. En rencontrant ce couple, on se retrouve finalement plongé dans une histoire humaine aux abords initiatiques : que l’on soit en train d’observer la cérémonie du thé, la prière au temple shintō ou bien les rituels de purification avant l’étape de la calligraphie, nous apprenons une belle leçon de la nature. Akeji Sumiyoshi et Asako Sumiyoshi décèdent tous les deux en 2018 et pour celui qui voyait la mort comme un éternel recommencement, ce documentaire garde une trace de sa mémoire, de sa vie et de son art.

Extrait d’interview

Mélanie Schaan : Miyazaki et Akeji puisent l’inspiration dans le même terreau, les mêmes légendes. Pendant le tournage, Akeji nous disait dans quelle rivière trouver l’esprit du dragon de Chihiro, où trouver le camphrier de Totoro… Asako et lui croyaient en l’esprit de l’eau, du vent, des pierres, ils vivaient au milieu des plantes et des animaux sur un pied d’égalité, vivants parmi les vivants. Chaque fois qu’il a prié devant nous, le vent s’est levé. Nous avons abandonné l’idée d’essayer d’y trouver des explications cartésiennes… Nous leur serons toujours reconnaissants d’avoir changé notre regard sur ce qui nous entoure.

Par Marie-Hélène Soenen pour Télérama le 07/12/2021

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