« On verra bien ! » Suzanne prend la vie comme elle vient, avec calme et sérénité. Elle vit seule dans la ferme qui l’a vue naître en 1930, en lisière d’une forêt des Hautes-Vosges. La maison n’est raccordée ni à l’eau ni à l’électricité.
Au gré des saisons, Suzanne cultive son potager, prépare ses conserves, lit la presse, marche dans la montagne, accueille les visiteurs de passage. Elle savoure en riant tous les petits plaisirs de la vie, s’amusant d’incarner cette sobriété heureuse à laquelle aspirent ses contemporains.
EXTRAITS DE PRESSE
« Les meilleurs documentaristes savent se nourrir de peu. Ils peuvent exceller dans la figuration
du presque-rien, exerçant sur un paysage, un visage, un légume ou les mains qui l’épluchent. Une attention à même d’éveiller la nôtre. C’est ce que réussit ce portrait. »
Télérama
« Suzanne est filmée avec respect, délicatesse. Beaucoup de soin est apporté aux cadrages, tantôt à la manière d’une nature morte, tantôt d’un tableau vénitien. »
Le Monde
« Tout comme son rire communicatif, le silence est un personnage à part entière de ce documentaire. Un film aux allures de leçon d’existence. »
L’Humanité
« Le bonheur en grand, c’est celui-là ! Chacun des gestes de Suzanne est un rituel, il y a comme une liturgie permanente dans ce qu’elle fait, même quand elle épluche ses légumes. Ça peut être grand et modeste le bonheur. Suzanne nous fait comprendre qu’agir tranquillement, modestement, c’est le cœur du bonheur ! C’est le signe d’une liberté profonde. »
France Inter
« Ce documentaire constitue une petite leçon de vie. Comme Suzanne, il est à rebours de la société consumériste. Sa relation à l’existence est simple, et son mode de vie éminemment d’actualité. »
La Croix
« Suzanne est une vieille dame aux yeux pétillants. Pour sa retraite, cette professeur de mathématiques a décidé de revenir dans la maison où, elle et ses ancêtres sont nés. Sa vie s’écoule paisiblement avec la même curiosité et la même joie de vivre, en harmonie avec les êtres autour d’elle.
La vieillesse n’est pas toujours un naufrage. Suzanne en témoigne avec douceur. Elle incarne un mode de vie autarcique, qu’on pourrait croire disparu. Sa solitude n’est pas un fardeau puisqu’elle vit pleinement dans le présent à coudre, à jardiner, à cuisiner, à répéter des gestes immémoriaux. Suzanne Claudel vit sans eau ni électricité courante dans la ferme familiale qui l’a vue naître en 1930, à Rochesson dans les Hautes-Vosges.
Attentifs à ses moindres gestes, Stéphane Manchematin et Serge Steyer réalisent après L’Esprit des lieux, un portrait délicat au fil des saisons. Suzanne incarne à sa manière un certain esprit de résistance, au temps qui passe comme à l’air du temps. Son mode de vie basse-consommation et radicalement autosuffisant serait presque un modèle pour une société qui cherche des solutions pour réduire son empreinte sur l’environnement.
En lisière de sa forêt, l’appétence de Suzanne pour le monde reste intacte, même quand il vient à elle sous la forme d’un bruyant, mais éphémère festival de musique métal en plein-air. »
— Les yeux doc
Les réalisateurs
Stéphane Manchematin s’intéresse aux formes et aux écritures documentaires depuis une trentaine d’années. Il a monté, produit, écrit et réalisé des documentaires, d’abord pour la télévision (Arte, France Télévisions) puis pour la radio (France Culture) et le cinéma. Son goût pour le son l’a conduit à faire la prise de son de ses films.
Formé sur les premières coproductions documentaires entre La Sept/Arte et Agat films, Serge Steyer réalise en 1989 son premier film, Ried, une fiction remarquée dans divers festivals puis plus d’une trentaine de films documentaires pour et avec la télévision publique.
En complément : Le mot des réalisateurs
» Voilà plus de vingt ans que nous – Serge et Stéphane – cheminons ensemble sur la voie du documentaire, de tournages en séances de montage, de projets en projets, de films en films. Nous voilà donc à nouveau réunis, avec l’envie de pousser plus loin l’expérience de cinéma que nous proposons au spectateur. Une expérience existentielle jouant sur les registres du temps dilaté et des silences. Une invitation à nous tenir au plus près de notre personnage qui, comme les précédents, a fait le choix de se tenir à distance du monde contemporain.
Avec Suzanne, nous continuons aussi à creuser notre sillon vosgien, dans une région sylvestre qui abrite nos souvenirs d’enfance et à laquelle nous sommes intimement liés. Par son mode de vie, Suzanne fait partie de ce que les chercheurs en sciences sociales appellent les « derniers ». Pour nous, sa façon d’« habiter la vie » est exemplaire d’un rapport au temps en voie de disparition, d’une relation simple à l’existence, d’une consommation qui se limite aux besoins essentiels, d’une relation à l’environnement spontanément respectueuse. Son mode de vie a de quoi interroger, et fournir nombre de pistes de réflexions à celui qui questionne peu ou prou sa façon de vivre. Notre conviction est que le mode de vie de Suzanne, loin d’être « archaïque », est éminemment d’actualité. Et si les « derniers » devenaient des pionniers ? »
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