En 1982, au plus fort de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, plus d’un million et demi d’habitant·es sont poussé·es à l’exil en Iran. C’est là qu’est né Taghi, qui souhaite désormais fuir une société faisant subir à son peuple une discrimination quotidienne. Il décide ainsi de partir vivre dans le pays de ses parents, où des difficultés imprévues l’attendent.
L’AVIS DE TËNK
Un ami réalisateur afghan me dit « Regarde ce film, c’est l’histoire de ma famille ». Nous sommes alors toustes confiné·es chez nous à cause de la pandémie de Covid. Depuis mon appartement, je découvre le premier long métrage de Afsaneh Salari, productrice et monteuse iranienne, qui fait sa sortie sur des plateformes en ligne de festivals qui ne peuvent pas avoir lieu. Dans son film, elle fait de Taghi, le plus jeune frère, le héros d’une tragédie familiale et l’intérieur de leur maison son décor principal.
Afsaneh filme ce lieu qui devient au fur à mesure du récit l’espace symbolique de leur vie restrictive en Iran, sans qu’il ne perde jamais pour autant son pouvoir d’amour et de réconfort.
Pour briser la fatalité dans laquelle il se trouve, Taghi quitte l’Iran et cet espace familial protégé. Son départ permet à sa famille de renouer à travers lui avec leur passé en Afghanistan et provoque chez elleux une nouvelle lecture de leur situation, oscillant entre joie et douleur.
— Lysa Heurtier Manzanares, réalisatrice
Rencontre avec Afsaneh Salari, réalisatrice, au Human Rights Film Festival Berlin. En anglais.
Afsaneh Salari réalise des documentaires depuis dix ans. Une manière de regarder la réalité dans toute sa complexité, pour proposer des récits façonnés par leurs acteurs mêmes, principalement dans le Sud global, d’où elle vient. Elle est à la fois réalisatrice, monteuse, productrice et consultante créative pour des documentaires en Iran.
Productrice et fondatrice de la société Docmaniacs à Paris et co-fondatrice du collectif cinématographique féminin Docmaniacs à Téhéran, elle réalise et produit avec ses collègues des films en provenance d’Iran et d’Afghanistan. Ses films ont été projetés dans des festivals tels que IDFA, Visions du Réel, CPH Dox, Sheffield, Santa Barbara et DMZ, et ont reçu des récompenses internationales.
Elle collabore également avec les Ateliers Varan en tant que coach de montage. Son dernier film, « Great Are the Eyes of a Dead Father » (Grands sont les yeux d’un père mort), a été produit en collaboration avec la Fondation Wim Wenders et sous sa supervision dans le cadre du projet collectif « A Sense of Place ».
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FESTIVAL STRASS’IRAN 2026
« Dans un monde bouleversé en proie aux divisions et aux replis, où femmes et hommes meurent en Iran alors qu’ils réclament le respect des droits humains, l’association Strass’Iran poursuit plus que jamais son engagement à travers les arts et la culture et son combat qui vise à promouvoir les échanges et la solidarité. Voilà pourquoi, par compassion pour les victimes et leurs familles, le Conseil Collégial de l’association a décidé de revoir la programmation de cette année et d’annuler les évènements festifs.
Depuis 2009, l’association œuvre au dialogue interculturel avec une forte volonté à déployer des passerelles entre les peuples et leurs créations. C’est avec ces partis pris que nous proposons la 9e édition du Festival Strass’Iran du 16 au 29 mars 2026 à Strasbourg.
En partenariat avec de nombreux lieux de la métropole, l’association aura le plaisir de présenter aux festivaliers plus de quarante évènements, parmi lesquels cinq expositions, douze ateliers artistiques, deux conférences, six visites guidées, deux spectacles, un concert, deux films, trois
documentaires, cinq rencontres littéraires, la fête du feu… et des évènements «Off» à Strasbourg et en Allemagne.
Pour cette nouvelle programmation 2026, nous aurons le privilège d’accueillir de nombreux artistes, écrivains, conférenciers, réalisateurs, acteurs, amis ou amoureux de l’Iran ; autant de moments à partager seul, entre amis ou en famille (…) »
— Le Conseil Collégial de l’association Strass’Iran