Cédric a huit ans. Un jour, il a mal au ventre. Alors, pendant les six mois qui suivent, il vit d’abord et surtout dans un petit service pour enfants malades du cancer. Sa parole, et son histoire dans la maladie, se croisent avec celles de Steve, de Dolorès et d’autres. Cédric nous emmène chaque fois un peu plus loin, à travers les épreuves qu’il affronte jusqu’à sa guérison.
Entretien de Denis Gheerbrant, sur son film « La vie est immense et pleine de dangers »
Émissions et entretiens de Denis Gheerbrant, France Culture
Extraits de l'entretien
« La caméra s’adresse à tout le monde en dehors du temps et de l’espace, il y a la nécessité pour celui qui parle de porter quelque chose qui d’une certaine manière le dépasse. En fait, je donne à voir la parole, pas seulement à l’entendre. Dans mes films, ce qui retient l’attention des spectateurs, c’est l’émergence de la parole au cours de l’entretien, et l’écho que cela a en nous. Ce qui m’intéresse, c’est d’aller voir des gens qui m’apprennent des choses. Je considère que les autres ont plein de choses à m’apprendre, que je ne connais pas grand-chose. Mon cinéma sert à combler le manque que je ressens par rapport à la réalité : j’ai le sentiment que la réalité ne m’est pas atteignable, c’est par le cinéma que j’arrive à la toucher. » Denis Gheerbrant
Après des études à l’Idhec, Denis Gheerbrant devient chef opérateur pour le cinéma (Jean-Pierre Denis, René Allio, Alain Bergala, Jean-Pierre Thorn). Il mène parallèlement un travail personnel de photographe. En 1968 il rejoint le groupe de cinéma militant Cinélutte qui deviendra plus tard la société de production « Les Films d’Ici« , qui produira presque tous ses films. Il tourne son premier film, « Printemps de square », en 1978, avec de jeunes parisiens d’un quartier du 15e arrondissement. Son travail de cinéaste s’inscrit dans la continuité du cinéma direct, mais à la première personne. Denis Gheerbrant filme seul et rencontre avec sa caméra des mondes, les autres, dans des relations suivies ou des rencontres fortuites. Son engagement humain politique l’entraîne vers ceux, souvent des jeunes gens, qui affrontent et subissent la violence sociale, ou simplement physique : « La Vie est immense et pleine de dangers » (1994) ; « Grands comme le monde » (1998), ou dans des explorations larges : « et la vie » (1991) ; « Le Voyage à la mer » (2002) ; « Après, un voyage dans le Rwanda » (2004). En 2009, « La République Marseille« , suite de sept films, fait l’événement au festival Cinéma du réel. Cinq ans après sort sur les écrans « On a grèvé« , film sur la lutte de femmes de chambres qui affrontent le deuxième groupe hôtelier d’Europe.
Film après film son cinéma de la rencontre de l’autre s’affirme jusqu’au magnifique « Mallé en son exil« . Le cinéma de Denis Gheerbrant dessine une ligne très singulière, dans la lignée de Jean Rouch ou de Johan van der Keuken, qui a largement influencé le cinéma documentaire. (Tënk)
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