Benjamin Montel - - Comme si j'étais morte - festival vrai de vrai 2026 - Strasbourg - etoiles scam - le lieu documentaire
Vrai de Vrai, festival du documentaire 2026 à Strasbourg

« Comme si j’étais morte » de Benjamin Montel

vendredi 06 mars 2026
à 18:00
Cinéma Le Cosmos, Strasbourg

Projection gratuite du film « Comme si j’étais morte » de Benjamin Montel, co-réalisé avec Antonin Boutinard Rouelle et co-écrit avec Nicolas Jambou, (53 mn, 2023, France, Étoiles de la Scam 2025) dans le cadre de « VRAI DE VRAI 2026 | Festival du documentaire » proposé du 4 au 7 mars 2026 à Strasbourg.

En présence de Benjamin Montel, réalisateur.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

Lire / télécharger le programme complet du festival (PDF)

Info pratique : le cinéma Le Cosmos est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Le festival est organisé par Le Lieu documentaire et la Scam, avec le soutien de la Cinémathèque du documentaire, de Strasbourg Eurométropole, de la Région Grand Est et de la DRAC Grand Est.

  • Benjamin Montel
2023
59'
  • Capa Production

C’est un chiffre noir : celui de la prostitution des mineurs. Principales victimes : les jeunes filles placées dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance. « Comme si j’étais morte » raconte l’esclavage sexuel subi par trois jeunes femmes, et le combat d’éducateurs pour tenter de les sauver. 

Partout en France, le nombre d’affaires liées à la prostitution des mineurs est en constante augmentation. Parce qu’elles sont plus vulnérables que les autres, les jeunes filles confiées à l’Aide sociale à l’enfance en sont les principales victimes. Elles représenteraient 80 % des mineures en situation de prostitution.

À travers une immersion inédite de plusieurs mois dans un foyer de la protection de l’enfance, « Comme si j’étais morte » raconte le parcours de trois jeunes femmes âgées de 14 à 25 ans. Eva, la cadette, multiplie les fugues. Ses éducateurs, engagés mais à bout de force, tentent de la sortir des griffes de proxénètes. Lucie, 18 ans, s’est extirpée de l’emprise de son « lover boy » il y a quelques mois. Elle revient sur sa descente aux enfers pour mieux la mettre à distance. Chloé, l’aînée, a aussi connu la violence des passes. Aujourd’hui, cette ancienne résidente du foyer se reconstruit en réparant ses petites sœurs d’infortune et en mettant en garde celles qui idéalisent la prostitution.

Avec nuances et sensibilité, ce film tente d’apporter un éclairage nécessaire sur un phénomène complexe en pleine expansion.

Benjamin Montel – Note d’intention

Au départ de mon enquête, il y a deux ans, des chiffres choc : en cinq ans, le nombre de procédures pour proxénétisme sur mineurs a augmenté de 68 % ; l’âge moyen des victimes se situent entre 15 et 17 ans, mais l’entrée dans la prostitution se rajeunit avec des cas répertoriés dès l’âge de 12 ou 13 ans ; 80 % des mineurs en situation de prostitution seraient des jeunes filles prises en charge par l’Aide sociale à l’enfance.

Je prends contact avec plusieurs foyers de la protection de l’enfance. Tous confirment la réalité de ce fléau et la difficulté de l’enrayer sur le terrain. Grâce à une autorisation exceptionnelle, notre caméra s’immerge au cœur de l’un d’eux. Je veux mettre des visages sur ces chiffres, rendre visible cette jeunesse invisible, comprendre les mécanismes insidieux du piège qui se referme sur leur vulnérabilité. Je veux aussi laisser ces survivantes se réapproprier leur parole. Il est urgent de les entendre dénoncer la réalité crue de l’exploitation sexuelle infligée par les proxénètes. Il est urgent de ne plus fermer les yeux.

« Comme si j’étais morte » rend hommage au courage de ces survivantes, mais aussi au travail complexe de ces éducateurs engagés mais à bout de force. Mon souhait est qu’il suscite un électrochoc afin que collectivement nous cessions de détourner le regard.

L’AVIS DE POLITIS


“Le film bouleversant de Benjamin Montel, qui arrache nos cœurs et retourne nos estomacs, propose une immersion de plusieurs mois dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE). On suit Eva, à peine 14 ans, qui multiplie les fugues et les « ballons » ; une nouvelle pratique en recrudescence chez les plus jeunes qui consiste à inhaler du protoxyde d’azote, autrement appelé « gaz hilarant », et qui a un effet euphorisant.

Eva, mineure, a été filmée à son insu et dans un état second par ses proxénètes qui diffusent les vidéos publiquement sur Snapchat. Il faut voir la patience et le calme des éducateurs qui expliquent à la jeune fille, accompagnée de sa maman, pourquoi il s’agit de viols. Il faut voir comment, enfermée dans des logiques d’emprise, elle trouve des excuses à ceux qui lui font tant de mal et vers qui elle retourne à chaque moment de solitude. Le manque de moyens accordés à ces structures devient criant face à l’urgence de sauver ces enfants confiées à l’État et pour qui nous avons donc une responsabilité collective ; c’est une lutte à la fois contre la pauvreté, l’exclusion sociale et les violences sexistes et sexuelles.”

Politis, article de Nesrine Slaoui, le 12 mars 2024

Portrait Benjamin-Montel-lelieudocumentaire

Benjamin Montel est réalisateur. Il s’est formé au sein de l’agence CAPA où il a travaillé près de huit ans comme journaliste, auteur, rédacteur en chef et réalisateur. En une dizaine de films récompensés en France et à l’étranger, et largement salués par la presse, il compose une grande mosaïque de la société contemporaine.
De la jeunesse (« Samedi soir », 2023 ; la collection « Week-Ends », 2025) au sport (« Putain de nanas », 2020 ; « Ici c’est Paris », 2021), de l’enquête (« Comme si j’étais morte », 2024) aux grands portraits (Clara Luciani, Kevin Mayer, RK, S.Pri Noir, François Gabart), jusqu’aux zones de guerre (« La Flamme Ukrainienne », 2024), son travail embrasse des territoires multiples avec un même regard : vivant, engagé et profondément humain.

Portrait Antonin Boutinard-Rouelle-lelieudocumentaire

Antonin Boutinard Rouelle a travaillé durant quatre ans au sein de l’agence CAPA, avant de devenir réalisateur de documentaires. Couvrant un large panel de sujets de société, il a réalisé des films autour du sport (« Putain de Nanas » en 2018, « La Flamme Ukrainienne » en 2024), la jeunesse (« Samedi Soir » en 2022, « Comme si j’étais morte » en 2023), la vieillesse (« Schnocks, la vie en vieux » en 2021), ainsi que des portraits de femmes inspirantes (« Zahia, un temps d’avance » en 2022, « Maïmouna, la voix du 9-3 » en 2024).

Portrait Nicolas-Jambou-le lieu documentaire

Nicolas Jambou est auteur, journaliste et réalisateur. Son premier documentaire, « Allons enfants de l’Ovalie », reçoit plusieurs prix, dont le Micro d’or 2023. En 2024, il signe « À balles réelles », sur Serhiy Stakhovky, ex-tennisman devenu soldat en Ukraine, un film salué par France Inter et Télérama. En 2025, il réalise « Deux roues trois huit », sur des jeunes d’un coin désindustrialisé des Hauts-de-France. Il coécrit « Comme si j’étais morte » de Benjamin Montel.

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