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Patricio Guzman - chili memoire obstinée - le lieu documentaire

« Chili, la mémoire obstinée » de Patricio Guzmán | Hommage

mercredi 21 octobre 2026
à 12:30
Le Lieu documentaire, Maison de l’image, Strasbourg

Projection gratuite du film « Chili, la mémoire obstinée » de Patricio Guzmán (56 mn, 1998, Chili, France, VOST) en hommage au grand cinéaste et documentariste chilien disparu en septembre 2026.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

Info : la salle de projection du Lieu documentaire est accessible aux personnes à mobilité réduite. Des places PMR sont dédiées au premier rang.

  • Patricio Guzmán
1997
  • Espagnol
56'
  • Les films d'ici , 
  • Nueva Imagen (Chili) , 
  • ONF-NFB - Office National du Film du Canada/National Film Board of Canada

Patricio Guzmán a tourné « La Bataille du Chili » en 1974, et a dû ensuite, comme nombre de ses compatriotes, prendre le chemin de l’exil. Vingt-deux ans plus tard, il reprend sa caméra pour comprendre comment et jusqu’où l’oubli imposé par Pinochet a pu détruire la mémoire de l’énergie d’un peuple. Le rêve brisé par la répression sanglante qui lui a succédé, est encore trop douloureux pour être assumé par ceux qui l’ont vécu de près.
« Je ressens une grande solitude » a-t-il écrit pendant les repérages dans la ville grise qu’est Santiago.

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Réalisateur de « La Bataille du Chili », peu avant le coup d’Etat de 1973, Patricio Guzman revient en 1997 dans son pays pour questionner la mémoire et l’oubli. Le rêve brisé par la répression sanglante qui lui a succédé est encore trop douloureux pour être assumé par ceux qui l’ont vécu de près.

Avec une grande précision, le réalisateur interroge ses proches ; certains faisaient partie de la garde rapprochée d’Allende, d’autres étaient des figures du mouvement populaire, pas nécessairement le MIR ; la veuve d’Allende, lasse de tous ces interviews, parle des photographies de famille auxquelles elle n’a toujours pas accès. Chacun a fait des choix différents pour une survie « après ».

Les questions réveillent une mémoire à fleur de peau, un deuil inachevé, la difficulté d’assumer la brutalité absurde de la répression. La projection à des étudiants de « La Bataille du Chili », qui n’avait pu être diffusé jusqu’à ce jour, révèle le gouffre : leur connaissance des événements, fondée sur une information manipulée, fait place à une émotion brute. On comprend alors l’immensité du travail entrepris par Guzman.

(Nathalie Magnan)

L’AVIS DE TËNK

Lutter contre l’amnésie du peuple chilien, en raviver la mémoire et dévoiler des pans de l’histoire dissimulés, Patricio Guzmán s’y engage obstinément avec ce documentaire réalisé lors de son retour dans son pays. Au fil des rencontres, avec sous le bras son précédent film interdit au Chili, il reconstruit le lien entre passé et présent nous conviant à une nécessaire relecture de l’histoire au travers de séquences souvent émouvantes. Un cinéma de la mémoire qu’il ne cessera de convoquer tout au long de son œuvre.

Christophe Postic et Pascale Paulat
Co-directeurs artistiques du festival des États généraux du documentaire à Lussas

Patricio Guzman - le lieu documentaire

Patricio Guzmán est l’un des cinéastes chiliens les plus reconnus sur le plan international. Il est né en 1941 à Santiago. De 1966 à 1969, il étudie à l’École officielle de l’art cinématographique à Madrid.

Dans les années 1970, il s’intéresse au gouvernement de Salvador Allende en produisant et réalisant « La Bataille du Chili », une trilogie documentaire. Cette œuvre, réalisée neuf mois avant le coup d’État militaire et qui lui a valu plusieurs prix importants, fonde les bases de son cinéma.

Après le coup d’État de Pinochet le 11 septembre 1973, il est menacé d’exécution et se cache dans la capitale chilienne. Il s’exile finalement en France quelques mois après. Il a vécu depuis en France, mais reste très lié à son pays natal.

Il réalise ainsi de nombreux documentaires sur le Chili du 20e siècle. On peut citer « Chili, la mémoire obstinée » (1997), « Le Cas Pinochet » (2001), « Salvador Allende » (2004). Il poursuit son devoir de mémoire et de réflexion dans une trilogie mêlant habilement géographie et politique autour de la question chilienne : « Nostalgie de la lumière » (2010), « Le Bouton de nacre » (2015), « La Cordillère des songes » (2019). Plus récemment, en 2022, avec « Mon pays imaginaire (Mi país imaginario) ».

Guzmán a été récompensé de nombreux prix internationaux. Il a également créé le Festival international de documentaires de Santiago, le Fidocs.

Il est décédé le 15 septembre 2026 à Paris.

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