Voyage à travers le cinéma français

  • Bertrand Tavernier
2016
195min

Synopsis

Disponible en consultation gratuite sur place

« Ce travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier qu’ont si bien décrit tant d’auteurs, de Casanova à Gilles Perrault, n’est-ce pas une belle définition du métier de cinéaste que l’on a envie d’appliquer à Renoir, à Becker, au Vigo de Zéro de Conduite, au Duvivier de Pépé le Moko, aussi bien qu’à Truffaut, Franju ou Demy. À Max Ophüls et aussi à Bresson. Et à des metteurs en scène moins connus qui au détour d’une scène ou d’un film illuminent une émotion, débusquent des vérités surprenantes. Je voudrais que ce film soit un acte de gratitude envers tous ceux, cinéastes, scénaristes, acteurs et musiciens qui ont surgi dans ma vie. La mémoire réchauffe : ce film, c’est un peu de charbon pour les nuits d’hiver. »
(Bertrand Tavernier)

En 2017, Bertrand Tavernier a poursuivi sa plongée dans le cinéma français des années 1930 à 1970 avec une série en huit épisodes : « Voyages à travers le cinéma français ».

Mots clés : 
  • Artiste
  • cinéaste
  • Cinéma
  • Mémoire
  • Portrait

« Ce travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier qu’ont si bien décrit tant d’auteurs, de Casanova à Gilles Perrault, n’est-ce pas une belle définition du métier de cinéaste que l’on a envie d’appliquer à Renoir, à Becker, au Vigo de Zéro de Conduite, au Duvivier de Pépé le Moko, aussi bien qu’à Truffaut, Franju ou Demy. À Max Ophüls et aussi à Bresson. Et à des metteurs en scène moins connus qui au détour d’une scène ou d’un film illuminent une émotion, débusquent des vérités surprenantes. Je voudrais que ce film soit un acte de gratitude envers tous ceux, cinéastes, scénaristes, acteurs et musiciens qui ont surgi dans ma vie. La mémoire réchauffe : ce film, c’est un peu de charbon pour les nuits d’hiver. » (Bertrand Tavernier, réalisateur)

En 2017, Bertrand Tavernier a poursuivi sa plongée dans le cinéma français des années 1930 à 1970 avec une série en huit épisodes : « Voyages à travers le cinéma français ».

bertrand tavernier - voyage a travers le cinema francais - le lieu documentaire-aff

On connaît Bertrand Tavernier comme cinéaste, mais c’est ici en tant que cinéphile et historien du cinéma qu’il se révèle, contant les rencontres qui furent les siennes avec les œuvres et les réalisateurs, critiques, acteurs et actrices qui forgèrent son regard autant qu’ils aiguillèrent sa vie de manière décisive. Cette histoire du cinéma français ne se veut ni faussement exhaustive ni linéaire, mais hautement personnelle, illustrée par des extraits choisis. C’est ainsi que l’histoire ne débute pas par Méliès ou les frères Lumière mais par un film de Jacques Becker, alors que le très jeune Tavernier est dans un sanatorium.

Les mots de Louis Jouvet dans « Les amoureux sont seuls au monde » (Henri Decoin, 1947), « Imaginez que vous êtes au cinéma », ouvrent le film, auxquels succèdent des images de « L’Atalante » de Jean Vigo (1934). Nous voilà à la fois plongés dans la magie d’une projection en salle et embarqués sur le bateau d’un des cinéastes les plus libres. Le cinéma émancipe par l’imagination et Tavernier raconte celle qui fut la sienne, tantôt en commentant et analysant en voix off les extraits glanés, tantôt en racontant des anecdotes, face caméra.

La mise en scène n’est pourtant pas professorale car les lectures et interprétations essentiellement subjectives amènent davantage à qualifier le cinéaste comme un véritable passeur. Il dit d’ailleurs d’emblée et à plusieurs reprises : « Je me souviens… » La liste des cinéastes ou autres sujets qu’il évoque est foisonnante et incalculable, mais certains se détachent : les cinémas de quartier aujourd’hui disparus, Jean Gabin qu’il qualifie de premier « héros populaire et prolétaire », les complaisances déhonorantes de Jean Renoir pour le régime de Vichy alors même qu’il admire sa filmographie, mais aussi le réalisme poétique de Marcel Carné, le jeu d’Eddie Constantine, la marginalité d’Edmond T. Gréville…

Arrivent les années où il est attaché de presse chez Rome Paris Films, ses rencontres avec Claude Chabrol et Jean-Luc Godard, mais surtout Jean-Pierre Melville et Claude Sautet qu’il appelle ses « deux parrains ». Au travers d’anecdotes dont il fut le témoin privilégié, maintenant immortalisées, se dessinent le geste d’une transmission et le désir de donner corps au cinéma, en évoquant les femmes et hommes qui le font.

Joffrey Speno, Images de la culture / Cinémathèque du documentaire

« Je ne peux, ni ne veux être exhaustif et je privilégie les films que je connais bien et que j’aime particulièrement.
Je veux tenter d’éclairer une œuvre avec quelques films, parler à la première personne. »
Bertrand Tavernier

bertrand tavernier - le lieu documentaire

Bertrand Tavernier est un réalisateur, scénariste, producteur français et président de l’Institut Lumière

Fils de l’écrivain et résistant René Tavernier, il découvre le cinéma lors d’un séjour en sanatorium. Monté à Paris après-guerre, il y a pour camarade de lycée Volker Schlöndorff, qui lui fait connaître la Cinémathèque de la rue d’ULM.

Il a fait ses débuts dans le cinéma comme assistant de Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre), expérience qu’il évoque dans le documentaire « Sous le nom de Melville » réalisé par Olivier Bohler.

C’est seulement en 1973 qu’il tourne, dans le Lyon de son enfance, son premier long-métrage, « L’ Horloger de Saint-Paul » adapté de l’œuvre de Simenon. Ce polar aux accents sociaux, récompensé par le Prix Louis-Delluc et l’Ours d’argent à Berlin, marque aussi sa rencontre avec Philippe Noiret, qui deviendra son acteur-fétiche.

Comme critique cinématographique, il collabore dans les années 1960 à plusieurs revues : Les Cahiers du cinéma, Cinéma, Positif, Présence du cinéma, etc.

En 1970, il publie avec Jean-Pierre Coursodon 30 ans de cinéma américain (éd. Omnibus). Cet ouvrage, actualisé et réédité en 1995 sous le titre 50 ans de cinéma américain, est considéré par beaucoup de cinéphiles comme la bible française sur ce sujet.

Bertrand Tavernier est le père de Nils Tavernier, également réalisateur, mais aussi comédien, et de la romancière Tiffany Tavernier.

Il signe avec son fils un documentaire, « Histoires de vies brisées : les double peine à Lyon » (2001), puis en 2004, avec sa fille cette fois, il coécrit « Holy Lola » (2004), une exploration des conditions d’adoption au Cambodge avec Jacques Gamblin et Isabelle Carré.

C’est dans une Louisiane dévastée par l’ouragan Katrina qu’il part ensuite tourner « Dans la brume électrique » (2009), adaptation d’un polar de James Lee Burke avec Tommy Lee Jones. De retour de son escale américaine, il présente à la Compétition officielle de Cannes, sa « Princesse de Montpensier », une plongée au cœur d’intrigues faites d’amour et de pouvoir dans la France du XVIe siècle, portée entre autres par Mélanie Thierry, Lambert Wilson et Gaspard Ulliel.

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