Tidiane

  • Laure-Anne Bomati
2019
56min

Synopsis

Disponible en consultation gratuite sur place

« Dans une petite chambre d’hôtel de la zone commerciale des Lisses près d’Evry, j’apprends à connaître Tidiane. J’écoute ses coups de gueule, je participe de ses éclats de rire. Nous sommes en 2006. Tidiane est un des « 1000 de Cachan » : un ancien occupant de ce que les journalistes de l’époque nomment le « plus grand squat de France ». Tidiane a 23 ans. Il est ivoirien. Il a fui la guerre en laissant derrière lui ses deux enfants. Dans cette chambre d’hôtel, Tidiane attend papiers et logement et se demande de quoi son avenir sera fait. Débute alors le récit d’onze années de vie. » — Laure-Anne Bomati, réalisatrice

Mots clés : 
  • Côte-d'Ivoire
  • Exil
  • France
  • Immigration
  • Intégration
  • Portrait

« Dans une petite chambre d’hôtel de la zone commerciale des Lisses près d’Evry, j’apprends à connaître Tidiane. J’écoute ses coups de gueule, je participe de ses éclats de rire. Nous sommes en 2006. Tidiane est un des « 1000 de Cachan » : un ancien occupant de ce que les journalistes de l’époque nomment le « plus grand squat de France ». Tidiane a 23 ans. Il est ivoirien. Il a fui la guerre en laissant derrière lui ses deux enfants. Dans cette chambre d’hôtel, Tidiane attend papiers et logement et se demande de quoi son avenir sera fait. Débute alors le récit d’onze années de vie. » — Laure-Anne Bomati, réalisatrice

tidiane - Laure-Anne Bomati - le lieu documentaire

Laure-Anne Bomati rencontre Tidiane en août 2006 au parc de Saint-Cloud alors qu’ils sont tous deux agents de sécurité pendant un festival de musique. Tidiane a 23 ans, il a fui la guerre en Côte d’Ivoire six mois auparavant et loge au squat de Cachan qui vient juste d’être évacué. Cette rencontre entame un tournage au long cours, où le jeune homme traversera pas à pas les épreuves de son installation en France.

« L’histoire du squat de Cachan a marqué ma vie à jamais » dit Tidiane.

Évacués de ce bâtiment désaffecté de la cité universitaire, les 700 sans-papiers rebaptisés « les 1000 de Cachan » ont trouvé refuge dans un gymnase mis à disposition par la mairie ; certains commencent une grève de la faim ; les manifestations dans Paris sont nombreuses. Cette « solidarité africaine » dans la lutte, vécue par Tidiane, dénote avec sa solitude dans sa chambre d’hôtel impersonnelle, lui qui a fait une demande d’asile et qui est relogé par la préfecture. « En France, tu as beau avoir un passeport, un acte de naissance, tu es sans-papiers. Au début je ne comprenais pas ce mot ! »

Le temps passe ; il a obtenu un permis de séjour qu’il renouvelle non sans mal chaque année tout en ayant un travail déclaré de maître-chien ; il est toujours logé à l’hôtel, ne sait pas de quoi l’avenir sera fait.

Plus de dix ans et quelques tournages épisodiques plus tard, on retrouve Tidiane marié avec enfants, enfin installé dans un appartement confortable où l’ambiance est joyeuse. Un film qui s’est écrit à deux. Tidiane :  » Tu me demandes comment j’imagine la fin du film ? »

par Marc Guiga , Images de la culture / Cinémathèque du documentaire

laure-anne bomati - le lieu documentaire

Autrice- réalisatrice et photographe, Laure-Anne Bomati a grandi au Maroc et en Belgique, avant de s’installer en France à ses 18 ans. 

Laure-Anne a réalisé des documentaires radiophoniques et des podcasts pour les émissions « L’expérience », « Creation on air » et « Sur les docks » de France Culture. Elle y pose des regards sur ce qui donne du sens aux rêves, des un.e.s et des autres, dans des sujets qui parlent d’exil, d’engagement ou encore d’éducation. Elle s’intéresse également à la naissance et au pouvoir du sonore dans un documentaire intitulé « Ostinato » pour une peau naissante, dans lequel elle suit des musicothérapeutes.

Elle est également l’autrice-réalisatrice du film documentaire « Tidiane », produit par Quilombo films. Il s’agit d’un travail qui commence en 2006 et s’achève en 2019. En faisant le portrait au long cours de Tidiane, ivoirien arrivé en France en 2006, Laure-Anne poursuit son envie de montrer ce qui participe du sel de la vie, toutes ces choses si petites qui donnent l’envie de poursuivre malgré les difficultés, qui nourrissent les rêves et construisent un rapport au monde et une sensibilité. Son travail part de l’intime pour questionner le politique.

Dans ses photographies et dans ses gravures, elle crée des «tableaux», au sens propre comme au sens figuré, qui mettent en lumière l’insolite, le merveilleux et la poésie dans ce qui pourrait paraître à priori banal ou quotidien. Elle aime regarder le monde et les êtres qui le composent avec un oeil amusé, tendre et décalé. Elle fait le pari que la magie de l’image est de pouvoir nous rapprocher les un.e.s et les autres par des émotions partagées.

Elle poursuit également depuis plusieurs années un travail sur le corps. Elle se met en scène ou questionne les représentations, ayant à coeur de montrer des corps différents, loin des artifices et des attendus, avec humour et tendresse. Pour renforcer la dimension poétique de ces images, elle travaille parfois à partir du grain de la pellicule argentique ou encore avec la matière de l’encre sur le papier que permet la gravure et la photogravure.

Laure-Anne intervient depuis de nombreuses années sur des ateliers de pratique artistique auprès de structures très divers (prison, foyers, GEM, centres sociaux, etc.). Elle enseigne également l’écriture à l’Ecole Pivaut de Nantes.

PARTAGEONS NOTRE GOÛT POUR LE CINÉMA DOCUMENTAIRE

Tous nos rendez-vous autour du cinéma documentaire : projections, rencontres, festivals et ateliers

ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Découvrir d'autres films du même réalisateur-ice

Aucun autre film

D'autres pépites du monde documentaire

  • Jacques Rigaud
 - 2000