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  • « Irish travellers » de Alexander Murphy au cinéma Star à Strasbourg : gagnez des invitations
Invitations à gagner

À l'occasion de la sortie du film "Irish travellers" d'Alexander Murphy, le cinéma Star et Le Lieu documentaire ont le plaisir de vous faire gagner des invitations pour la projection le mercredi 28 octobre 2026 à 18h30.

Pour participer au tirage au sort, merci de vous inscrire, si ce n’est pas déjà fait, à la newsletter du Lieu doc via le bouton ci-dessous, avant le dimanche 18 octobre 2026 à minuit.

Les gagnant·e·s seront prévenu·e·s par courriel ou sms, selon leur choix.

Si vous n’avez, malheureusement, pas gagné des invitations, le film sera à l’affiche du cinéma Star à Strasbourg à partir du mercredi 28 octobre 2026.

Le long d’une route oubliée, la famille O’Reilly vit dans une vieille caravane échouée au milieu des champs. Pa, Lisa et leurs dix enfants traversent les saisons dans ce fragile château de tôle, héritiers d’un mode de vie en sursis.
Menacés d’expulsion, leur équilibre de fortune vacille mais ils résistent, fidèles à leurs traditions. Les enfants rient, les chiens aboient, la caravane tient encore, mais pour combien de temps ?

« Chasse au lapin au chien courant, cache-cache dans les blés, balade en sulky sont les passe-temps de la famille O’Reilly, qui vit dans un vieux mobil-home échoué au bord d’une route irlandaise. Le réalisateur a passé six années auprès de cette famille catholique très nombreuse (dix enfants !) et en a rapporté un documentaire d’une humanité rare, sans une once de misérabilisme, sur une attachante communauté de nomades sédentarisés qui résiste tant bien que mal à la modernité. » — Jérémie Couston (Télérama, mai 2026)

irish travellers - alexander Murphy - le lieu documentaire

ENTRETIEN AVEC ALEXANDER MURPHY
(extrait du dossier de presse)

Comment avez-vous rencontré les O’Reilly, cette famille en marge de la marge ?

Tout a commencé par de la curiosité pour la culture des Travellers. Je suis franco-irlandais, je les vois depuis que je suis petit et j’ai toujours eu une forme de fascination pour eux. Cet environnement est très cinématographique mais les films qui leur sont consacréss’appuient pour la plupart sur des clichés folkloriques. J’ai donc voulu comprendre pourquoi ils étaient autant discriminés par la société irlandaise.

Grâce à un ami qui photographie ces communautés depuis longtemps, j’ai pu aller à leur rencontre par la photo, moins envahissante qu’une caméra.

J’imaginais des gens très libres et très fiers mais c’est en réalité tout l’inverse, ils cachent leur identité pour essayer de s’intégrer et sont souvent sédentarisés dans des conditions de vie assez difficiles.

J’avais pour idée de départ de centrer le film sur un protagoniste principal qui serait le point de contact pour s’immiscer au sein de différentes communautés de Travellers. Mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour la famille O’Reilly, notamment leurs enfants. Ils étaient en marge de tout, à la fois de la société mais aussi des autres Travellers, séparés du reste du monde par une autoroute. C’était finalement la seule famille avec qui je me voyais passer autant de temps. Je les ai rencontrés en 2020 et j’ai fini le tournage en mars 2026. C’est tout un chapitre de ma vie que j’ai donné à ce film, il fallait donc que je les aime.

Les enfants jouent à plusieurs reprises avec la caméra, ce qui est presque contraire aux règles du cinéma. Comment avez- vous pensé la présence de cette caméra ?

Quand le tournage a débuté, j’étais une personne très exotique pour eux et leur rapport à la caméra était alors très différent, ils la touchaient, ils jouaient avec elle. Je ne cherchais pas du tout à cacher cette caméra, c’était plutôt comme un onzième enfant.

 Je voulais qu’on soit moins dans un documentaire que dans un film de famille, brut et sans artifices, comme ceux qu’on filmait avec un caméscope à l’époque. C’est pour être dans une forme de sincérité totale que cette caméra existe, avec eux.

J’ai passé cinq ou six ans à filmer l’amour chez les O’Reilly, j’en suis devenu presque jaloux car j’avais envie de faire partie de cette tribu et pour capter cette authenticité, il fallait que je devienne une sorte de prolongement de cette famille. Je ne sais pas si j’y suis arrivé mais la caméra, elle, oui.

Ce sont également par les enfants que nous arrive le discours du film. Pourquoi les avez-vous choisis comme porte d’entrée ?

Je voulais adopter le regard des enfants, car dans leurs yeux, c’est un environnement qui est beau, on s’y amuse, on ne sent pas la misère.
Je voulais les impliquer dans la construction du récit pour que l’on ne porte pas de jugement sur leur façon de vivre. On comprend davantage leurs choix lorsqu’ils sont racontés par les enfants, par exemple celui de renoncer à une maison pour continuer de vivre dans cette caravane.

Chez les Travellers, il n’y a pas vraiment d’adolescence, ils passent de l’enfance au monde adulte très vite,et je voulais filmer ces derniers moments d’innocence.

Les Travellers et leur mode de vie font partie de la culture
irlandaise, pourtant on essaie de les sédentariser pour les contrôler et ce depuis longtemps. Il y a à la fois un respect pour cette culture
et un rejet de ceux qui la portent. Ce paradoxe est à la fois étrange et préoccupant. J’espère qu’à son échelle, le film saura ouvrir le dialogue et faire évoluer, ne serait-ce qu’un peu, les mentalités en
Irlande.

Les enfants du film sont des Travellers 2.0, ils vont à l’école, ils ont une éducation et une ouverture sur le monde tandis que leur père ne sait ni lire ni écrire. Il y a un mouvement mais aussi une forme de résistance.

Cette famille vit en équilibre sur un fil, entre un monde auquel ils sont forcés de s’adapter et leur culture qu’ils essaient de préserver, et qui s’efface tout doucement.

alexander Murphy - le lieu documentaire

Alexander Murphy est un cinéaste franco-irlandais. À travers des récits ancrés dans la jeunesse de communautés traditionnelles, il explore les questions d’héritage, de déracinement et de transmission. Son regard sensible ouvre un accès intime à la vie de populations vulnérables confrontées à des conditions de vie extrêmes. D’une grande tendresse avec un sens aigu de la photographie, ses films s’attachent à préserver la mémoire de cultures menacées au sein de groupes marginalisés.

Filmographie

BORN FREE – 2027
Documentaire franco–sud-africain en développement

IRISH TRAVELLERS – 2026
Documentaire franco–irlandais

AU-DELÀ DE KATMANDOU – 2025
Documentaire franco–népalais

NDAO HANAVAO – 2024
Court-métrage documentaire franco–malgache

OF SOUL AND JOY – 2023
Court-métrage documentaire franco–sud-africain

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