Paris, Strasbourg Saint-Denis. Dans un quartier connu pour être une véritable « cour des miracles » selon le patron, team-buildings, afterworks, un nouveau management prend place dans une « salle de colère » jaune. Loïc a 20 ans, il est manutentionnaire dans cette nouvelle start-up : entre l’obsolescence programmée et la déchetterie, un défouloir urbain pour les salariés qui sortent du bureau.
« Quelque part entre le temple néo-cool et la déchetterie, cette Fury Room offre un condensé d’aberrations. On y croise des trentenaires, sans doute guettés par le burn out, qui s’offrent à peu de frais l’illusion d’être furieux. Loïc, personnage central du film de Barbara Laïchi, est le jeune et modeste employé sans qui cette étrange boutique ne tournerait pas. Il réceptionne les lourds cartons de matériel obsolète, installe le tout tel un petit théâtre, puis nettoie vigoureusement les restes du carnage avant le suivant. Il a une côte cassée depuis quelques temps, déjeune sur le pouce, et pense rentrer chez les pompiers après ce job. Après le travail parvient à saisir ce que la startup nation recèle de nauséabond. Pour exiger de ses cadres des journées productives, elle doit leur offrir ces bien tristes soupapes, en tirant un dernier profit des surplus d’une consommation massive – dont l’obsolescence a sans doute été programmée par les cadres en question. »
Noé Vidal-Giraud – Images de la culture / Cinémathèque du documentaire
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