Peau d’âme

  • Pierre Oscar Lévy
2017
100min

Synopsis

Disponible en consultation gratuite sur place

L’archéologue Oliver Weller s’est mis en tête de fouiller avec son équipe là où Jacques Demy a tourné plusieurs scènes de son film « Peau d’âne ». Tout a disparu, mais dès que l’on gratte un peu le sol, perles, clous, paillettes et autres fragments apparaissent. En suivant ces fouilles, « Peau d’âme » cherche à approcher une fascination pour ce conte dont les origines se perdent dans la tradition orale. Qu’est-ce que cette histoire continue de fouiller en nous ?

Mots clés : 
  • Archéologie
  • Cinéma
  • Culture
  • Mémoire

Une équipe d’archéologues fouille là où Jacques Demy a tourné plusieurs scènes de son film “Peau d’Âne” : la cabane où Catherine Deneuve se réfugie, la clairière où Delphine Seyrig la reçoit, etc. Dès que l’on gratte le sol, perles, clous, paillettes et autres fragments apparaissent. En suivant ces fouilles, “Peau d’Âme” cherche à approcher la magie de l’œuvre de Jacques Demy et le charme du texte de Charles Perrault. Qu’est-ce que cette histoire continue de fouiller en nous ?

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L’AVIS DE TËNK

C’est assurément une superbe idée que de suivre une recherche archéologique ayant pour objet le tournage du film de Jacques Demy « Peau d’âne », mais en faire un film restait casse-geule. Il y a péril à décrypter une œuvre mythique, le risque de tomber dans le didactisme, de casser la magie du conte…
Pierre Oscar Lévy fait donc là un essai de cinéma assez inédit : il tresse le magique et la poésie du film culte avec l’investigation archéologique. Il déconstruit au point de faire de la déconstruction, un conte préservant l’âme de l’œuvre !

Jean-Marie Barbe, réalisateur, producteur à Ardèche Images Production, coordinateur éditorial de Tënk


L’AVIS D’IMAGES DE LA CULTURE

Quarante-sept ans après, des archéologues se rendent sur les lieux du tournage du célèbre film de Jacques Demy, Peau d’âne (1970), à la recherche des traces laissées par l’équipe. Le château, l’emplacement de la cabane dans la forêt, la source d’eau, deviennent autant de terrains d’exploration révélant des vestiges. Une voix off telle qu’on l’imagine racontant des contes pour enfants nous guide au gré des intervenants qui apportent tous à leur manière des éléments concourant soit à lever le mystère sur le tournage soit à éclaircir le sens enfoui des contes archaïques.

Peau d’âme se distingue par l’étendue des questionnements qui le traversent. Comment faire un film sur un film aussi important ? Le documentaire accompagne les archéologues dans leur exploration « scientifique » du terrain, leurs fouilles et leurs trouvailles, multiplie les rencontres avec des universitaires spécialistes de contes. Émergent de terre des restes aussi variés que des éléments de décors ou de costumes (ornements de robes, clous, bris de miroir, vis de trépied), mais plus trivialement des restes d’occupation tels des tas de bouteilles vides ou des rasoirs jetables, le tout ne demandant qu’à être analysé et interprété par le croisement des images du film et le récit de chercheurs. L’archéologie ne se fait ainsi pas uniquement au ras du sol mais aussi à l’endroit de nos imaginaires, permettant de dessiner les balbutiements d’interprétations de l’œuvre comme une sorte d’exégèse par les moyens du cinéma.

Joffrey Speno

"Si les adultes correspondaient aux enfants qu’ils ont été, ce serait des adultes assez intéressants. Mais ils l’ont oublié complètement, ils ne font pas le petit retour sur soi qui permettrait justement de retrouver une conviction, une force, quelque chose de très intéressant ; on a assez tort de ne pas regarder en arrière de temps en temps pour avoir un futur meilleur."

NOTES D’INTENTION DU RÉALISATEUR

« Peau d’âme » est une recherche cinématographique, un essai, où ce qui relève du documentaire est le plus souvent remis en scène. Je me vois comme un faussaire, maîtrisant à la fois la grammaire cinématographique et la tradition orale : le projet met en scènes les fouilles
et le remue-méninge de l’esprit de ces scientifiques. Le film évolue en fonction des différentes campagnes de fouilles.

[…] Pour ce film, nous tous comme Olivier Weller, avons suivi sans le savoir, ce conseil de Jacques Demy : préserver cette énergie enfantine. Ce film est une expérimentation où des adultes retrouvent, avec un plaisir de chaque instant cette conviction.

Contrairement à des fouilles traditionnelles, les lieux de tournage du film de Jacques Demy, ont offerts une abondance de repères.
On pourrait croire qu’une œuvre cinématographique, comme « Peau d’âne » permet une parfaite compréhension de la géographie du lieu, guide le regard sur les décors, pourtant, les images du film n’offrent pas les éléments suffisants aux scientifiques. La détermination de l’emplacement de la cabane de Peau d’âne sur le site du tournage, par exemple, a demandé de nombreuses mesures.

Il y a quelques temps, un acteur du Ramayana cambodgien, me racontait dans une interview qu’il ne quittait jamais les statues du Bayon – quand il visitait le temple – tant que le dialogue avec la pierre ne s’était pas installé. Cette affirmation m’avait fait presque rire à l’époque.

Depuis j’ai visité la Grotte Chauvet avec ses peintures datées de 36 000 ans, et je me suis retrouvé face à une paroi ornée et l’œuvre m’a parlé. Une communication était donc possible ! Chaque visiteur voit-il la même chose ? Je ne cesse de chercher depuis. La fréquentation des temples khmers, des grottes ornées, et de certaines œuvres me guident dans ma recherche du mystère de la transmission des affects… « Peau d’âme » est un avatar de cette quête.

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Extrêmement réjouissant et stimulant : une forme cinématographique de « science-en-s’amusant »
– Antoine de Baecque, L’Histoire

« Une comédie « musicale » documentaire. Une réflexion poétique sur le rôle de la l’archéologie contemporaine » – Télérama

pierre oscar levy - olivier weller - le lieu documentaire

Pierre Oscar Lévy, réalisateur

« Peau d’Âme » est son premier long métrage de cinéma.
Issu de l’IDHEC, il a monté à partir de 1976, puis réalisé à partir de 1982 plus d’une centaine de films documentaires ( « Premiers Mètres », en 1984, nominations César 1985 ;
« Premier convoi, » en 1992 ; « Une trilogie sur la grotte Chauvet », de 1999 à 2003)
Il a produit, écrit, et réalisé l’émission scientifique d’ARTE : Archimède(s) de 1994 à 2003.
il a écrit le scénario de la BD « Château de Sable » dessiné par Frederik Peeters en 2010.
Il a obtenu la Palme d’Or du Court-Métrage en 1983 au Festival de Cannes pour le court-métrage « Je sais que j’ai tort mais demandez à mes copains ils disent la même chose ».

Olivier Weller, archéologue et co-auteur

Tout petit, il aimait déjà fouiller dans les poubelles, les vieux greniers et les maisons abandonnées… mais aussi s’évader grâce au merveilleux du cinéma de Jacques Demy. Il est entré au CNRS comme archéologue en 2002 et est l’auteur de plusieurs ouvrages : « Hommes et paysages du sel » (Actes sud, 2001), « Sel, eau et forêt. D’hier à aujourd’hui » (PUFC, 2008), « Antiquité ou les cristaux d’Aphrodite » (Belles Lettres, 2015) et a participé à l’ouvrage collectif « Hommes et paysages du sel : Une aventure millénaire » (Actes Sud , 2012).

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