A bientôt j'espère - Chris Marker - Le Lieu documentaireme-2
Le rencard de midi

« À bientôt, j’espère » de Chris Marker et Mario Marret

mercredi 18 novembre 2026
à 12:30
Le Lieu documentaire, Maison de l'image, Strasbourg

Projection gratuite de « À bientôt, j’espère» de Chris Marker et Mario Marret (44 mn, 1967, Iskra, Slon) suivie d’un échange avec les spectateur·ices, dans le cadre de notre nouveau rendez-vous : « Le rencard de midi » autour d’un classique du cinéma documentaire.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.

Cette projection programmée et animée par le comité de programmation des bénévoles du Lieu documentaire est proposée dans le cadre de la présentation de la collection des classiques mise à disposition par la Cinémathèque du documentaire.

Info : la salle de projection du Lieu documentaire est accessible aux personnes à mobilité réduite. Des places PMR sont dédiées au premier rang.

  • Chris Marker
  • Mario Marret
1967
44'
  • ISKRA
  • SLON
   

En mars 1967 à Besançon, une grève éclate aux établissements Rhodiaceta qui font partie d’une chaîne d’usines de textiles dépendant du trust Rhône-Poulenc. Cette grève a pris un aspect inhabituel par son refus de dissocier le plan culturel du plan social. Les revendications mises en avant ne concernaient plus seulement les salaires ou la sécurité de l’emploi, mais le mode de vie que la société imposait, impose à la classe ouvrière.

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En mars 1967 à Besançon, une grève sans précédent éclata à la Rhodiacéta, usine de textiles dépendant du trust Rhône-Poulenc. Une grève pas comme les autres, tant par sa durée que par sa forme, les revendications ne concernent pas seulement les salaires ou la sécurité de l’emploi, mais le mode de vie imposé par la société à la classe ouvrière.

L’impact de cette lutte ne se mesure pas tant à ce qui a été obtenu (peu de choses), qu’aux déclics qu’elle a provoqués aux niveaux individuel et collectif. Par son refus de dissocier vie sociale et vie culturelle, elle a favorisé la réflexion des travailleurs sur leur identité et la nature de leur lutte.

Un moment privilégié de découverte : rencontre avec les autres, syndicalistes CGT ou CFDT, communistes, découverte des activités culturelles dans l’entreprise et tout ce qui ne s’énumère pas mais qui restera dans les têtes et dans les coeurs. Un avant-goût des grandes luttes de 1968. Une manière originale de filmer l’événement qui fait appel exclusivement à ses acteurs.

— Sadia Saïghi, Images de la culture

Les ouvriers grévistes qui occupent l’usine ont à leur disposition du matériel pour filmer les événements, grâce à Chris Marker, Jean-Luc Godard ainsi que Bruno Muel.

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L’AVIS DE CINÉMUTIN

À Besançon, en mars 1967, un conflit éclate aux établissements Rhodiecata, une usine de textiles filiale du trust Rhône-Poulenc. Le conflit est nouveau dans son genre, car, au-delà des revendications salariales, les grévistes demandent qu’on prenne en compte les conditions de vie de la classe ouvrière. Le refus de dissocier les conditions de travail des ouvriers et leur place dans la société en général en fit une grève atypique. Tourné en décembre 1967, ce document donne la parole aux ouvriers, raconte le conflit et l’itinéraire des syndicalistes de l’usine, tout en montrant les conditions de vie de la classe ouvrière.

Le film à l’origine des groupes Medvedkine

Février 1967 : Chris Marker et Mario Marret commencent le tournage de À bientôt j’espère pendant la grève dans les usines de la Rhodiacéta de Besançon. Un an plus tard, lors de la projection du film, les ouvriers exprimèrent leurs opinions, certains jugeant le film trop romantique. Chris Marker tire alors la conclusion qu’un véritable cinéma militant ne peut être en définitive que celui qui serait réalisé par les ouvriers eux-mêmes. Très vite au sein du collectif SLON se constitue un groupe de cinéastes militants qui entreprit de former ces ouvriers aux techniques cinématographiques. Les groupes Medvedkine de Besançon puis de Sochaux étaient nés

Chris Marker nait en 1921 à Neuilly. Il débute des études de philosophie, vite interrompues par le conflit mondial. Après la guerre, il travaille au sein de « Peuple et culture », commence à écrire pour la revue « Esprit » et à réaliser ses premiers films dont « Lettre de Sibérie » qui le fit plus largement connaître.

Écrivain, photographe, cinéaste et finalement artiste multimédia, Chris Marker est l’auteur d’une œuvre protéiforme et novatrice. Son goût pour l’expérimentation éclate dans « La Jetée » (1962), court-métrage d’anticipation annonçant ses thématiques de prédilection : le temps, la mémoire, la puissance des images. La même année, il tourne « Le Joli Mai », dans les rues de Paris, dans l’esprit du cinéma direct.

La décennie 70 est marquée par des films engagés dont le plus célèbre, « Le fond de l’air est rouge » (1977), dresse un bilan des luttes des sixties tout autour de la planète. Dans ce sillon politique, il explore les liens entre mémoire individuelle et histoire dans « Sans soleil » (1983) puis dans des hommages posthumes comme « Le Tombeau d’Alexandre » (1993). Dans les années 1990, le plus souvent en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, il conçoit plusieurs installations qui explorent les frontières entre réel et imaginaire. Il s’éteint à Paris à l’été 2012, faisant figure de référence pour les cinéastes contemporains.

(biographie reprise de la plateforme Tënk)

Mario Marret-le lieu documentaire

Tour à tour opérateur radio, résistant, explorateur polaire, cinéaste militant et psychanalyste, Mario Marret (1920-2000) eut une vie mouvementée et segmentée. Cinéaste militant anarchiste entre les années 50 et 60, il inscrit ses réalisations dans le registre du documentaire naturaliste et participe à l’aventure du collectif Medvedkine aux côtés de Chris Marker.

(biographie reprise de la plateforme Tënk)

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